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Le grimpeur Sean Villanueva, auteur d’une première mondiale en escaladant en solitaire les sept aiguilles du Fitz Roy

Il est parti seul, avec une simple corde, ses rations et sa flûte irlandaise et s’est attaqué au géant des Andes, mais dans le sens inverse de celui généralement emprunté pour le franchir. Une première et un exploit salué par ses pairs.

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Sean Villanueva O’ Driscoll, au sommet de l\'une des sept aiguilles du Fitz Roy dans les Andes.
Sean Villanueva O’ Driscoll, au sommet de l'une des sept aiguilles du Fitz Roy dans les Andes. (CAPTURE D'ECRAN INSTAGRAM)

De l’avis général, dans le petit milieu des grimpeurs, c’est un exploit, une performance. Le Belge, Sean Villanueva O’ Driscoll, 40 ans, vient de gravir les sept aiguilles du Fitz Roy dans les Andes, en solitaire, avec une simple corde et ses rations, et qui plus est dans le sens inverse de celui pris par tous ceux qui l’ont précédé. À l’autre bout du globe, en Patagonie, le Fitz Roy est une série de pics rocheux située à la frontière entre le Chili et l’Argentine et culminant à 3 400 mètres. Un paysage à la fois majestueux et écrasant de monolithes flottants dans les nuages, hostile, minéral et glacé. Tout ce qu’adore, paradoxalement, Sean Villanueva, grimpeur originaire du plat pays.

Il a commencé l’escalade à 13 ans, en salle couverte, sur des murs artificiels, puis il est passé aux falaises, avant de se spécialiser une fois adulte sur ce que l’on appelle dans le jardon des grimpeurs les "big walls", des flancs de montagne qui nécessitent plusieurs jours d’ascension. En quinze ans, il a posé les mains partout : Himalaya, Mont-Blanc, montagnes rocheuses aux États-Unis, Mexique, ou encore Groenland avec une paroi particulièrement difficile pour laquelle il a reçu le Piolet d’Or en 2010.

Pour le reste, Sean Villanueva est un original, un atypique. Un ascensionniste musicien qui ne grimpe jamais sans sa flûte irlandaise, pour le plaisir de jouer une fois arrivé en haut, "parce que l’acoustique, dit-il à Montagne Magazine, est très bonne sur les sommets". Original donc. Bon vivant végane aussi, qui partage ses recettes de curry vert avec ses abonnés sur Instagram. Il prépare d’ailleurs lui-même ses rations lorsqu’il part à l’aventure. Toutes sortes de rations, y compris ses gâteaux d’anniversaire. C’est ce qu’il a fait, là, en franchissant le Fitz Roy, puisqu’il a célébré ses 40 ans le 7 février, pendant son odyssée. Sept petits gâteaux : un pour chacun des sept sommets.

Il y a moins de glace, moins de neige, certaines voies sont plus dangereuses. Nous, grimpeurs, nous voyons l’impact du de l’activité humaine.

Sean Villanueva O'Driscoll, ascensioniste

à La Fabrique Verticale

Sur la photo qu’il a publiée, Sean Villanueva crie sa joie, le visage baigné de soleil, sur fond de piton rocheux et de ciel parfaitement azur. Image idyllique, où la ligne d’horizon est vierge de toute pollution. "Pourtant, il y a moins de glace, moins de neige, confiait-il il y a quelques mois dans une interview à La Fabrique Verticale, nous, grimpeurs, nous voyons l’impact du de l’activité humaine, mais pour transmettre efficacement l’importance du respect de la montagne, il faut toujours garder une attitude positive."  Autrement dit, ne pas donner de leçons, mais par exemple montrer qu’on peut accomplir des exploits avec peu : une simple corde et des gâteaux faits maison. Ça se médite, philosophie d’un amateur de verticales venu d’un pays sans montagnes.

Sean Villanueva O’ Driscoll, au sommet de l\'une des sept aiguilles du Fitz Roy dans les Andes.
Sean Villanueva O’ Driscoll, au sommet de l'une des sept aiguilles du Fitz Roy dans les Andes. (CAPTURE D'ECRAN INSTAGRAM)