La sprinteuse américaine Allyson Felix offre de payer des services de garde d’enfants aux autres athlètes

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Avec l’ONG AndMother, elle vient de lancer un programme pour fournir gratuitement aux athlètes qui viennent d’être mères des services de garde d’enfant. Objectif : lutter contre la difficulté d’avoir une famille tout en faisant carrière dans un sport qui rémunère peu.

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Radio France
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Allyson Felix lors d'une conférence de presse pour les Championnats des États-Unis d'athlétisme 2022, le 22 juin 2022 à Eugene, Oregon. (ANDY LYONS / GETTY IMAGES NORTH AMERICA)

Onze médailles olympiques, plus que Carl Lewis et qu’Usain Bolt, Allyson Felix, 36 ans, spécialiste des 100m, 200m et 400m, participe à ses dernières qualifications pour les Mondiaux d’athlétisme avant de prendre définitivement sa retraite et de mener une autre course. Une course de fond pour mettre le sujet de la maternité des sportives sur la table.

Peut-on avoir une carrière et être mère ? Pour que plus aucune athlète n’ait à se poser la question, Allyson Felix vient de lancer un programme avec l'ONG qu'elle a co-fondée, AndMother, pour offrir gratuitement des services de garde d’enfants aux sprinteuses, lanceuses de poids, sauteuses en hauteur, en longueur, ou encore entraîneures.

"En athlétisme, explique-t-elle à la radio NPR, il n’y a jamais rien eu d’autre que du silence autour de la maternité. Soit on cache les grossesses pour préserver les contrats avec les sponsors, soit on se retrouve avec des contrats suspendus comme si on était forfait pour blessure [...] Toute ma vie j’ai senti qu’il fallait que je décroche toutes les médailles, tous les trophées, avant de pouvoir ne serait-ce qu’imaginer fonder une famille, et je ne veux pas que ma fille se dise la même chose."

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Effectivement, Allyson Felix a expérimenté personnellement ce tabou en 2018 quand, enceinte de sa fille, elle a vu l’atmosphère changer, son suivi médical diminuer. Sa grossesse s’est compliquée. Elle a frôlé la mort et donné naissance à une prématurée par césarienne. Et le calvaire ne s’est pas arrêté là. Pendant son congé maternité, son sponsor, Nike, décide de ne plus la payer. Pas de compétition, pas de rémunération : "Mon image était utilisée dans des campagnes publicitaires pour dire aux autres femmes que rien ne doit nous arrêter, et en réalité moi-même j’étais en plein bras de fer."

Allyson Felix s’est donc battue et désormais les contrats incluent la récupération post-accouchement. Avec sa fondation, elle veut aller plus loin, montrer que le sujet ne s’arrête pas à la grossesse, ou au congé maternité. "Le but, conclut-elle, c’est de soutenir toutes les femmes, leur dire qu’elles n’ont pas à choisir entre la maternité et le reste."

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