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La Nasa veut prolonger la durée de vie de la sonde Voyager 2, à court d'énergie à 20 milliards de kilomètres de la Terre

Elle a été lancée dans l’espace en 1977 et est aujourd’hui sortie du système solaire. Mais elle arrive à court de carburant. Pour permettre à Voyager 2 de continuer à envoyer des données, la Nasa vient donc d’annoncer qu’elle allait utiliser son réservoir de secours, de quoi garder le contact jusqu’en 2026.
Article rédigé par Marion Lagardère
Radio France
Publié Mis à jour
Temps de lecture : 2 min
La sonde Voyager 2 passe à proximité de Neptune. Illustration. (HISTORICAL / CORBIS HISTORICAL via Gettyimages)

Comme sa jumelle Voyager 1, la sonde américaine Voyager 2 a commencé sa carrière en 1977, sur le pas de tir de Cap Canaveral en Floride, avec pour mission de survoler les planètes situées vers l’extérieur du système solaire, ce qu’elle a fait sans rencontrer de problèmes techniques. Elle a atteint Jupiter en 1979, Saturne en 1981, Uranus en 1986, Neptune en 1989, avant de sortir de l’héliosphère, c’est-à-dire de notre système planétaire, pour entrer dans l’espace interstellaire en 2018.

Aujourd’hui, Voyager 2 est à plus de 20 milliards de kilomètres de la Terre, et elle est à court d’énergie. Si la sonde avance et avancera toujours dans le vide, ses systèmes de captage de données et de transmission, eux, sont en train de s’éteindre lentement. Après 46 ans en tension, ses trois générateurs thermoélectriques qui carburent à la combustion d’une petite quantité d’uranium 238 sont désormais trop faibles pour produire assez de courant.

C’est ainsi, c’était prévu. Sauf que la Nasa ne veut pas renoncer à sa sonde. L’agence spatiale américaine vient d’annoncer qu’elle allait utiliser le réservoir de secours qui ne devait se déclencher qu’en cas de panne des trois générateurs. De quoi maintenir l’envoi de précieuses données sur ce qui se passe dans le vide interstellaire. Parce que même si depuis 1977, on a créé des outils bien plus sophistiqués, notamment des télescopes spatiaux comme James-Webb, il n’empêche : aucun autre objet de fabrication humaine n’est allé aussi loin avec autant d’équipement.

Dans ses 500 kg de matériel, Voyager 2 n’a pas qu’une caméra. Elle est équipée d’un magnétomètre, un spectromètre UV, un détecteur de rayons cosmiques ou encore un interféromètre radiomètre infrarouge. Des outils qui nous ont permis de comprendre nos voisines. Avant Voyager, on ne savait pas, par exemple, qu’il y avait des volcans actifs ailleurs que sur la Terre, ce qu’elle a découvert sur Io, une lune de Jupiter, qui endure dix fois plus d’activité volcanique que chez nous.

Pareil pour les océans, c’est Voyager 2 qui a démontré pour la première fois l’existence d’un océan d’eau liquide sur Europe, autre lune de Jupiter. Des lunes sur lesquelles, grâce à ces indications, on cherche aujourd’hui des signes de vie. Garder le contact avec Voyager, c’est donc aussi garder le contact avec une légende de l’exploration spatiale. En tout cas jusqu’en 2026.

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