Guernica : 85 ans après le bombardement, deux survivantes passent un message d’espoir aux Ukrainiens

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Mardi, la commune du pays basque espagnol a commémoré les 85 ans du 26 avril 1937, ce jour où l'aviation allemande a rasé Guernica. Un drame qui résonne avec ce qui se passe en Ukraine et pousse deux nonagénaires à exprimer leur solidarité avec les victimes de l'invasion russe.

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Radio France
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La ville basque de Guernica a été rasée par les bombes d'Hitler le 26 avril 1937. (HO / AFP)

Crucita Etxabe et Mari Carmen Aguirre ont respectivement 92 et 91 ans, et elles décrivent à l'agence de presse espagnole EFE leurs souvenirs, parfaitement intacts, des heures d'enfer du bombardement de Guernica, en 1937. Un récit qui résonne avec ce qui se déroule en ce moment en Ukraine. Et c'est précisément pour ça qu'elles parlent, pour dire la tristesse qu'elles ont de voir l'histoire se répéter. De Guernica à Marioupol, l'horreur est toujours la même.

Le 26 avril 1937, c'était jour de marché. Il faisait bon, alors après le déjeuner, Crucita est allée jouer dans le parc Cuatro Bancos, sur les hauteurs de la ville. Et c'est là qu'elle a vu arriver les escadrilles d'avions de la légion Condor, l'aviation d'Hitler : "Ils volaient si bas, se souvient-elle, qu'on apercevait les pilotes. Et puis, ils ont bombardé". Il était 16h30, elle s'en souviendra toute sa vie.

Mari Carmen, elle, était en contrebas, dans la ville, et elle raconte la première explosion, l'effroi, puis la deuxième, la troisième et sa course effrénée pour se mettre à l'abri. "En quelques minutes, tout s'est assombri, décrit-elle, embrumé, et puis Guernica a brûlé, le ciel est devenu rouge écarlate, toute la ville était en feu."

En quelques heures, la légion Condor, envoyée par Hitler pour appuyer le dictateur Franco dans sa guerre contre les Républicains, largue 50 tonnes de bombes sur les 7 000 habitants. Les trois quarts de la ville sont détruits, plus de 1 400 civils meurent, des centaines sont blessés. Et les autres fuient, partent se réfugier, à Bilbao ou pour certains en France, comme Crucita et ses parents passés par Saint-Jean-Pied-de-Port, Bordeaux, Paris, puis Bry-sur-Marne pendant deux ans, avant de rentrer à Guernica.

"Le retour était à la fois excitant et terrible, raconte Crucita. Tout était en ruine, tout était à refaire." 85 ans après, elle pleure encore en le racontant, et la douleur est encore plus intense lorsqu’elle voit à la télé les images qui parviennent d'Ukraine, les bombes, le sang, les gens qui partent avec leurs valises. Elle ne peut pas regarder. "Mais je veux dire à ces familles ukrainiennes que ça ira, dit-elle, qu'ils s’en sortiront, parce qu’on se relève." "On va de l'avant, ajoute Mari Carmen, il faut garder espoir, c’est le message de Guernica, tout s’arrange et tout passe".

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