En Italie, le prix Nobel de physique suggère de baisser le feu sous la casserole des pâtes et met le pays en ébullition

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Sur fond de crise énergétique, Giorgio Parisi a voulu donner une astuce à ceux qui veulent faire baisser leur facture de gaz. Le conseil a largement débordé le cadre de l’anecdotique et fait grogner les critiques gastronomiques.

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Radio France
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Le professeur Giorgio Parisi reçoit le prix Nobel de physique, à Rome (Italie), en décembre 2021. (RICCARDO DE LUCA / ANADOLU AGENCY)

Comme toute l’Europe, l’Italie est en plein débat sur la crise de l’énergie et la hausse des prix du gaz. Le co-lauréat du prix Nobel de physique 2021, Giorgio Parisi, 74 ans et multi-récompensé pour ses travaux sur le désordre dans les systèmes complexes, se retrouve projeté dans cette discorde.

Il a voulu donner une petite astuce sans prétention sur sa page Facebook à tous ceux qui cherchent à faire baisser leurs factures de gaz. Un conseil simple : couper le feu sous la casserole pour cuire les pâtes. "Dès que l’eau arrive à ébullition, explique-t-il dans son post, on verse les pâtes et on baisse immédiatement le gaz au minimum du minimum, ce qui permet d’en consommer le moins possible. On peut aussi totalement le couper, les pâtes vont cuire quand même mais, dans les deux cas, n’oubliez pas de laisser le couvercle sur la casserole. C’est lui qui conserve la chaleur et permet la cuisson."

Giorgio Parisi suggère de cuire les pâtes dans l’eau brûlante, mais pas bouillonnante. Sauf que, dans un pays où les ménages en mangent tous les jours, ce qui aurait dû rester dans le champ de l’anecdote a pris une ampleur invraisemblable. Du Corriere della Sera à la Repubblica, toute la presse en parle, les critiques gastronomiques s’en mêlent et des chefs s’écharpent par médias interposés, les uns comme Antonello Colonna dénonçant une technique dangereuse "rendant les pâtes caoutchouteuses", et les autres comme Dario Bressanini confirmant que "ce n’est pas l’ébullition qui fait la cuisson, mais la température de l’eau", et le couvercle sur la casserole.

Depuis cinq jours, le prix Nobel de physique fait parler de lui et il est un peu amer. Il aurait préféré qu’on parle de sa tribune appelant les élus italiens à prendre à bras le corps la question du changement climatique. Il aurait préféré qu’on parle de son discours au Parlement, alertant sur le réchauffement, celui de la planète et non de l’eau des pâtes. Il n’empêche que les retours d’expérience fleurissent, des internautes testent la cuisson à feu doux des fusilli, pennes et autre spaghettis, et concluent que oui, les pâtes cuisent très bien quand le gaz est coupé. Ça ne vaut ni un Nobel, ni la une des journaux mais ça aura mis un peu de physique dans le débat.

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