En Inde, huit guépards réintroduits dans un parc national, 70 ans après la disparition de l'espèce

écouter (3min)

C’est le premier ministre qui a ouvert lui-même la trappe, samedi 17 septembre, devant les caméras, permettant aux félins de faire leurs premiers pas dans le parc de Kuno. Il s'agit de trois mâles et cinq femelles offert par la Namibie pour tenter de réintroduire cette espèce éteinte en Inde depuis 70 ans.  

Article rédigé par
Radio France
Publié Mis à jour
Temps de lecture : 2 min.
L'un des huit guépards laché dans le parc national de Kuno, dans le centre de l’Inde, le 17 septembre 2022. (- / PIB via AFP)

Ils sont huit : trois mâles et cinq femelles guépards. Et ils ont eu les honneurs de toute la presse indienne dimanche 18 septembre. Pour cause : ils ont la lourde tâche de prouver que nous, humains, pouvons réparer nos méfaits et remettre de la vie, là où nous l’avions éliminée.

Car l’histoire est peu reluisante. En 1952, il y a 70 ans, le dernier guépard d’Inde a été abattu, d’après les historiens, par un maharadja pour son bon plaisir. Il s’est inspiré des chasses pratiquées par les souverains britanniques qui, à chaque visite aux Indes, partaient systématiquement traquer les guépards, pour en rapporter la fourrure mais aussi une belle photo les immortalisant avec leur trophée. Or, cette voracité a atteint un tel niveau que l’espèce ne l’a pas supporté et s’est éteinte.

Depuis les années 1990, les gouvernements successifs à New Delhi cherchent à remédier à cet état de fait. Ainsi, des négociations avec plusieurs pays africains ont été menées, et c’est finalement Narendra Modi, l’actuel premier ministre, qui en récolte les fruits. La Namibie a offert ses huit premiers guépards à l’Inde cette année. Les animaux, qui ont entre deux et cinq ans et demi, ont été sélectionnés spécialement pour leur capacité d’adaptation par les responsables du Fonds de Protection des Guépards de Namibie. Puis, ils ont pris l’avion, un 747 cargo pour un vol de onze heures reliant hémisphère sud et hémisphère nord. Et comme leur destin est très politique, samedi matin, c’est donc le premier ministre lui-même qui a ouvert la trappe de la cage, leur permettant de faire leurs premiers pas

D'autres arrivées prévues

Tout ceci a été filmé, mis en scène, commenté...  Les journaux mettent en avant les retombées économiques certaines, le développement du tourisme et les emplois à la clé. Et l’on comprend que ces guépards portent beaucoup de choses. Beaucoup de choses qui n’ont rien à voir avec eux, grands félins élancés dont la présence sur Terre remonte à 8,5 millions d’années, soit huit millions de plus qu’Homo sapiens, et dont l'avenir est clairement menacé. Leur cas va-t-il inspirer d’autres réintroductions d’espèces ? Ou mieux, la mise en place de mesures de protection des espèces menacées avant qu’elles ne disparaissent ? L’avenir le dira. Pour l’instant, la première mission de ces guépards est de s’adapter à leur nouvel environnement, avant que d’autres individus, envoyés cette fois par l’Afrique du Sud ne viennent les rejoindre dans les prochains mois.

Commentaires

Connectez-vous à votre compte franceinfo pour participer à la conversation.