Elizabeth Johnson, la dernière "sorcière de Salem", graciée trois siècles après sa condamnation

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Après un an de procédure, le nom d’Elizabeth Johnson, oublié au fil du temps, vient d’être ajouté à la liste des personnes graciées par la cour générale du Massachussetts après avoir été condamnée abusivement lors de la plus grande chasse aux sorcières des États-Unis en 1692.

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Radio France
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Un livre du XVIe siècle sur la chasse aux sorcières. Photo d'illustration. (MAXPPP)

329 ans après sa condamnation en 1693 pour sorcellerie, Elizabeth Johnson vient finalement d’être graciée par la justice du Massachussetts aux États-Unis. Trois siècles d’attente pour enfin obtenir un pardon officiel et rendre son intégrité à cette femme. Comme une centaine d’autres, elle avait été condamnée à mort, mais son nom s’était perdu au fil du temps et n’avait jamais fait partie des listes de grâces. Son histoire, pourtant, illustre exactement la folie qui a saisi la ville de Salem, lorsqu’en 1692 a démarré la plus grande chasse aux soi-disant sorcières d’Amérique du Nord.

Obsession puritaine, fanatisme religieux, en quelques semaines des centaines de personnes, majoritairement des femmes, sont arrêtées et condamnées pour sorcellerie, divination ou satanisme. Quatorze femmes sont pendues, six hommes sont lapidés, et la centaine d’autres condamnés emprisonnée en attendant l’exécution de leur peine, comme ce fût le cas donc d’Elizabeth Johnson, 22 ans, célibataire vivant seule et sans enfants, condamnée à la pendaison. Un sort auquel elle a échappé de justesse puisqu’au bout de quelques semaines, le gouverneur royal de l’État a fini par intervenir et suspendre toutes les condamnations. Suspendre, mais pas annuler.

Des collégiens déterminés à la faire gracier

Ainsi, depuis 1693, les demandes des familles pour laver l’honneur des condamnés se sont succédées. La reconnaissance a pris des siècles mais elle a bien eu lieu puisque l’on pensait que toutes les victimes du drame de Salem avaient été graciées. On le pensait en tout cas jusqu’à l’an passé, en 2021, lorsque Carrie La Pierre, professeure d’éducation civique dans un collège local a demandé à ses élèves de quatrième de faire la liste des condamnés de Salem. Un petit travail de groupe pour lequel ils se sont, en fait, pris de passion.

Ils ont retourné les archives, retrouvé le nom d’Elizabeth Johnson et décidé de demander sa grâce. À la grande surprise de leur professeure, ils ont écrit à leurs députés, aux juges de l’état, ont même rédigé une proposition de loi, jusqu’à être entendus par une sénatrice, qui a défendu le cas d’Elizabeth Johnson et obtenu il y a quelques jours sa réhabilitation par la cour générale du Massachussetts. Une grâce, 330 ans après, qui certes n’efface ni la douleur, ni la mort, mais fait triompher la vérité, et confirme qu’effectivement pour qu’elle éclate, il faut aller la chercher.

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