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Cet Espagnol vole au secours des plantes vertes abandonnées et fait des émules partout dans le pays

Pepe Ortiz, 52 ans, a ouvert son groupe Facebook de sauvetage de plantes abandonnées en 2020 et depuis près de 3 000 personnes y participent et se charge chaque semaine de trouver des foyers d’accueil pour ces plantes d’intérieur délaissées. Une initiative qui interpelle sur l’hyperconsommation de plantes vertes.

Article rédigé par Marion Lagardère
Radio France
Publié Mis à jour
Temps de lecture : 2 min
  (JEAN-FRANCOIS MONIER / AFP)

Pepe Ortiz habite à Séville en Espagne, et depuis quelques années, il s’est mis en tête de sauver les plantes d’intérieur abandonnées. Et le sujet est loin d’être anecdotique, au contraire, c’est un véritable phénomène de société. En Espagne, comme ici en France, la mode des plantes d’appartement est en plein boom.

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Impossible de passer à côté : elles sont en ventes partout, pas seulement en jardinerie mais dans les hypermarchés, les supérettes de quartier, dans des ventes éphémères. Des comptes Instagram et TikTok leur sont dédiés et elles font de plus en plus office d’idée cadeau facile, pratique, à priori originale. Or, le revers de cette mode, c’est qu’une fois les fêtes passées, ces cadeaux finissent de plus en plus, sur les trottoirs, à côté des poubelles, voire dedans, parce qu’elles n’ont pas fleuri assez vite, parce qu’on les pense mortes ou tout simplement parce qu’on n’en veut plus. Un phénomène sur lequel Pepe Ortiz voudrait qu’on s’interroge. À 52 ans, il n’est ni horticulteur ni pépiniériste mais ingénieur, et il explique au quotidien La Vanguardia qu’il ne supporte plus de voir des pots dans les poubelles.

Près de 3 000 sauveteurs de plantes à Séville

"Les plantes, quelle qu’elles soient, ne sont pas des objets, elles ne sont pas des choses qui se jettent quand on n’en veut plus." Il a donc commencé par prendre les naufragés chez lui, dans son appartement, puis, face au manque d’espace, il a fini par créer un groupe Facebook pour mobiliser d’autres passionnés et trouver un foyer d’accueil à chaque plante. Il a commencé fin 2020, et depuis, près de 3000 personnes participent, rien que pour Séville. Chaque semaine, des photos d’orchidées, de cactus et autres monstera sont publiées sur la page, avec l’indication de la rue où elles se trouvent pour faciliter leur récupération.

Des centaines et des centaines de pousses ont ainsi été sauvées et l’initiative fait des émules. Des groupes similaires ont été créés à Barcelone, Valence, ou encore Madrid, à chaque fois sans transaction, ni échange. C’est louable, mais Pepe Ortiz préférerait prévenir que guérir. "C’est simple, résume-t-il au Guardian, si vous ne voulez plus de vos plantes, ne les jetez pas, donnez-les, elles méritent respect, soin et dignité." Ou comment nous mettre face à notre rapport aux autres formes de vie, et nous poser la lourde question de savoir comment nous considérons tout ce qui n’est pas humain, cactus compris.

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