Ben Ogden, le jeune britannique qui veut briser le tabou de la dépression

écouter (2min)

Il y a un mois, il a décidé de s’installer en plein milieu de la gare de Leeds, debout, avec sa pancarte incitant à parler de cette maladie chronique qu’est la dépression. Une invitation à parler qui fonctionne et qui permet de lever le silence sur un mal encore tabou.

Article rédigé par
Radio France
Publié Mis à jour
Temps de lecture : 2 min.
Ben Ogden à la gare de Leeds (Grande-Bretagne) dans un reportage de la BBC. (CAPTURE D'ÉCRAN)

Chaque semaine, depuis un mois, il s’installe dans la gare de Leeds en Angleterre, debout, en plein milieu du hall, en tenant une pancarte blanche sur laquelle il a écrit : "Je m’appelle Ben et des fois, je déprime". Phrase accompagnée du mot-dièse #itsOKtotalk, qu’on peut traduire par "Oui, on peut en parler". Ben Odgen a 23 ans, il a grandi à Skipton, dans le Yorkshire, dans une famille de classe moyenne, sans histoire particulière. Il avait la vie devant lui. Et puis ses parents ont divorcé, et le Covid est arrivé, et les confinements se sont enchainés. "Et c’est là, dit-il à la BBC, que j’ai réalisé que je me sentais extrêmement triste, que ce n’était pas de la fatigue, mais une tristesse profonde, je passais des jours sans sortir, je ne voulais voir personne, je ne voulais même pas pianoter sur mon téléphone, je ne voulais plus rien faire, et surtout, je pensais vivre quelque chose que personne ne pouvait comprendre."

Et puis, il est tombé sur une statistique qui l’a bouleversé : une personne sur quatre dit avoir déjà traversé un épisode de dépression. "Autrement dit, explique Ben au Yorkshire Evening Post, dans le carré pour quatre des rames de trains, il y a une personne touchée." Ou comment comprendre que ce qui semble exceptionnel est en réalité assez partagé, notamment à cause des confinements, mais tabou, caché, tu. Il en parle à un de ses amis Matt, et découvre que lui aussi se trouve dans le même état. Discuter leur fait du bien, la conversation change leurs vies. Ils créent donc une chaine YouTube pour sensibiliser sur le sujet et surtout, le mois dernier, Ben décide d’investir la gare de Leeds avec sa pancarte pour interpeler chaque semaine les passants, en vrai, sans écran interposé. Et ça marche.

"Nous avons encore cette injonction à toujours paraitre forts et insensibles, surtout nous les hommes, alors que c’est impossible, c’est inhumain. Nous sommes en 2021, et il est grand temps d’en parler."

Ben Ogden, 23 ans

à la BBC

Les gens s’arrêtent, certains le prennent dans leurs bras, d’autres entament la conversation, des femmes, des hommes, des jeunes, des seniors. Tous le remercient, l’encouragent, et désormais l’histoire dépasse largement la petite gare de Leeds puisque lundi 15 novembre c’était l’article le plus partagé sur le site de la BBC. "Nous sommes en 2021, et il est grand temps d’en parler. En tout cas, maintenant que je l’ai fait, conclut-il, pour la première fois depuis longtemps, je suis heureux."

Commentaires

Connectez-vous à votre compte franceinfo pour participer à la conversation.