À 16 ans, l’Indien Praggnanandhaa vient de battre le champion du monde d’échecs Magnus Carlsen, son héros d’enfance

écouter (2min)

C’était lundi 21 février lors du tournoi en ligne Airthings Masters. Le numéro 1 mondial d’échec a été battu en 39 coups par l’adolescent indien, un exploit pour celui que l’on surnomme Pragg, mais aussi la réalisation d’un rêve d’enfance.

Article rédigé par
Radio France
Publié
Temps de lecture : 2 min.
Rameshbabu Praggnanandhaa (à gauche) affronte Anish Giri(à droite) lors du tournoi du Tata Steel Chess à Wijk aan Zee (Pays-Bas), le 15 janvier 2022.  (SYLVIA LEDERER / XINHUA)

À la surprise générale, il a réussi à coincer le champion du monde en titre, le norvégien Magnus Carlsen, mis en échec et mat lors du tournoi des Airthings Masters qui se tient en ce moment en ligne. C’est un coup de tonnerre, non seulement parce que Carlsen est le numéro 1 mondial, mais parce que celui qui l’a battu, l’Indien Rameshbabu Praggnanandhaa, que tous ses pairs surnomment Pragg, n’a que 16 ans. C’était lundi 21 février à deux heures du matin, Pragg jouait les noirs, Carlsen les blancs. L’adolescent a rapidement pris l’avantage, concentré et parfaitement stoïque, jusqu’au 39e coup, où il a compris qu’il allait gagner : il a ouvert de grands yeux et mis sa main devant sa bouche, avant de lancer "échec et mat".

L’exploit fait de lui le plus jeune joueur à battre le numéro 1 mondial depuis que ce dernier possède le titre, donc depuis 2013. Un fait d’arme qui a déclenché une avalanche de réactions, de félicitations, notamment de la part de stars indiennes, des grands PDG du pays au Zidane du criquet, Sachin Tendulkar.

Les journalistes indiens se sont battu pour obtenir les premiers mots du petit prodige. Qu’allait-il faire ensuite ? Comment voulait-il célébrer sa victoire ? "Eh bien, en allant me coucher, a répondu Pragg à la chaine Chess 24, à deux heures et demie du matin, il est trop tard pour aller dîner." L’adolescent se veut pragmatique, et sage, mais la réalité, il l’a reconnu le lendemain, c’est qu’il était tellement content qu’il n’a pas dormi de la nuit.

Sept heures d'entraînement par jour

Pragg habite chez ses parents dans une cité industrielle, près de Chennai, sur la côte est de l’Inde, au bord du golfe du Bengale. C’est en voyant sa grande sœur jouer aux échecs qu’il a eu envie de s’y mettre. Personne ne l’a forcé. Seul l’attrait du jeu, à 5 ans, a fonctionné. Très bien fonctionné même, puisque rapidement il a dépassé le niveau de sa sœur et participé à ses premières compétitions : à 10 ans, il est devenu le Maître international le plus jeune de l’histoire des échecs, et à 12 ans, en 2018, le deuxième plus jeune Grand maître international.

Depuis, son quotidien est un damier à 64 cases sur lequel il s’entraîne sept heures par jour pour mettre des rois en échec. Toute la question maintenant, c’est : Qu’est-ce qu’on fait une fois qu’on a battu son héros ? Pragg répond au journal Indian Express qu'il veut devenir champion du monde, mais à terme, un jour, sans se presser, et surtout sans stresser.

Commentaires

Connectez-vous à votre compte franceinfo pour participer à la conversation.