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Ségolène Royal, la renaissance d’une sage insoumise

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La loi Royal sur la transition énergétique a été largement adoptée à l’Assemblée. Malgré l’abandon de l’écotaxe, les écologistes ont validé le texte présenté par la ministre de l’Ecologie. Ségolène Royal signe un retour réussi en politique. Si ce n’était un petit couac sur la gratuité des autoroutes le dimanche.
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Radio France
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Franceinfo (Franceinfo)

Un petit grain de sable qui dérègle un mécanisme bien huilé. Depuis plusieurs jours, Ségolène Royal apparaît rayonnante. Une nouvelle fois, elle se tient debout, tournant le dos à ses déboires passés. Envoyée à terre il y a deux ans, aujourd'hui, elle est la seule ministre à pouvoir se prévaloir du soutien des écologistes sur un texte important depuis le remaniement Valls. Hormis l’icône Christiane Taubira évidemment.

Ségolène Royal rallie les suffrages écologistes à l’Assemblée, alors qu’elle vient d’enterrer l’écotaxe. Un bel exercice politique, par une ministre expérimentée, forte et sage de son expérience, mais un exercice gâché par une petite phrase en trop ce matin. Car pour compenser le manque à gagner de l’écotaxe, Ségolène Royal veut se tourner vers les sociétés d’autoroutes.

La commission de la concurrence a pointé leurs profits excessifs depuis la privatisation. Elle sait que la négociation va être difficile. Dans ce cas, elle pense qu’il n’est pas inutile de prendre l’opinion à témoin en lançant les idées les plus improbables sur la table. L’ancienne candidate à la présidentielle a la sagesse des vieilles troupes, mais elle a aussi le sens de la provocation. Et ce matin, elle provoque. Je dis souvent aux sociétés d’autoroutes : "Pourquoi ne faites-vous pas les autoroutes gratuites le week-end", lâche-t-elle faussement innocente.

Une idée sur la table, pas une proposition

La petite phrase aurait pu renvoyer la patate chaude sur les sociétés d’autoroutes, obligées d’expliquer leurs bénéfices considérables, de justifier leur refus de baisser le tarif des péages, leur refus d’instaurer des créneaux gratuits, ou de participer à l’investissement sur des transports plus propres. Mais le tempo médiatique n’est pas celui de la ministre, et son idée un peu provoc est prise au pied de la lettre, comme une intention ministérielle en bonne et due forme, contredite par Matignon.

Ségolène Royal se défend ce soir. Elle a juste mis une idée sur la table, pas une proposition, une idée, "c’est son droit de ministre des Transports ", dit-elle. Mais Ségolène Royal prévient. Elle ira au  bout pour que les recommandations de la commission de la concurrence soient suivies d’effets. Le bras de fer avec les sociétés d’autoroutes commence.

Ségolène Royal a su renaître de ses cendres

Au final, ce couac aura quand même gâché la journée de Ségolène Royal, même si elle semble le surmonter. Sur 12 heures de chronique politique, il marque plus que l’adoption de sa loi sur la transition énergétique.

Sur le long terme, la musette de Ségolène Royal contient quand même l’approbation des écologistes. A l’heure où Cécile Duflot et Delphine Batho rivalisent de petites phrases contre François Hollande, c’est un capital politique intéressant. Ce week-end, Ségolène Royal a déclaré qu’elle avait renoncé à toute ambition présidentielle. Le simple fait de devoir répondre à cette question montre comment Ségolène Royal a su renaître de ses cendres après avoir été brûlée par un méchant tweet.  

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