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François Fillon, comme si de rien n'était

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Alors que l’UMP s’efforce de maintenir la pression sur l’affaire Jouyet, l’ancien Premier ministre propose des mesures chocs en matière d’immigration. Il accorde une longue interview au Figaro Magazine.
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Radio France
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 Il a beau être furieux, en apparence, François Fillon reste froid. Peu importe les révélations autour de ce déjeuner, le candidat à la présidentielle de 2017 ne veut rien changer à son programme. Demain, vendredi,  il tiendra meeting à Menton, pour y exposer sa politique en matière d’immigration. Une politique très ferme. François Fillon défend toujours une politique des quotas, pour maitriser l’immigration. Le petit plus, c’est qu’il l’explique désormais de façon très  claire et assumée.

Le point de départ de son argumentaire, c’est le propos de retraitées rencontrées à Sarcelles. "Certains se sentent étrangers dans leur propre pays", constate François Fillon, pour lequel ce genre de « craintes » ne sont pas des fantasmes.

Il s’insurge contre la "xénophobie"  qui "déchire la République", mais l’ancien Premier ministre estime que les capacités de la France sont limitées.

D’ailleurs, François Fillon souhaite inscrire dans la Constitution "le principe que notre politique d’immigration dépend de la capacité d’accueil et d’intégration de la France". Cette capacité serait examinée par le Parlement une fois par an. Les élus décideraient alors le nombre, la qualification et l’origine géographique des étrangers acceptés.

Une France qui maitrise son immigration

François Fillon veut également revoir la politique européenne en matière d’immigration.

Sans retrouver les accents séguinistes et souverainistes contre le Traité de Maastricht en 1992, François Fillon s’en prend à certaines institutions européennes. Il s’insurge contre le « gouvernement des juges européens » et réclame un nouveau traité de Schengen avec la possibilité de suspendre ce contrôle de l’immigration aux frontières de l’Union pour les pays qui ne l’assument pas correctement. En France, François Fillon veut durcir les conditions de naturalisation, en particulier en ce qui concerne l’acquisition par mariage.

Au-delà des propositions, ce sont certaines formules qui marquent le propos de François Fillon de façon assez musclées.

Cette phrase par exemple : « « on ne peut pas débarquer en France et aller tout de suite au guichet chercher des aides sociales »

Une polémique sur le fond

François Fillon ne craint pas la polémique, même  s’il est accusé de s’inspirer du FN. D’une part, il estime se démarquer justement du Front National. Il ne propose pas de fermer les frontières les frontières, ni des slogans, mais des mesures applicables concrètement. Un argumentaire devrait être distribué lors du meeting et mis en ligne demain. Son titre résume l’approche de François Fillon, « des tabous aux valeurs », car il veut se situer dans les valeurs républicaines. Quant à une polémique, sur le  dossier de « l’immigration lui-même, elle ne serait pas forcément pour déplaire à François Fillon.

Une telle controverse ramènerait peut-être au second plan son déjeuner avec Jean-Pierre Jouyet. Déjeuner qui a eu lieu la veille de sa rencontre avec les commissaires aux comptes de l’UMP. Ce qui prouverait selon son entourage que François Fillon n’a pas pu en parler entre la poire et le fromage. François Fillon reste froid et déroule le programme prévu en espérant qu’au final, cette stratégie va payer sur le plan politique. Sinon,  il pourrait bien payer l’addition de ce fameux déjeuner. 

 

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