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Et si la campagne présidentielle avait commencé aujourd'hui

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François Hollande a inauguré lundi le musée de l'immigration. En se positionnant sur des thématiques fortes de la gauche, il est ainsi en train de recréer du clivage avec Nicolas Sarkozy.
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Radio France
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Cela peut paraître prématuré, mais ce que fait aujourd’hui François Hollande relève bien de la prochaine campagne présidentielle. Il se positionne sur des thématiques fortes de la gauche. Il est en train de recréer du clivage, après une année 2014 où il aura principalement parlé d’économie et parfois froissé sa majorité et son électorat. François Hollande a inauguré un musée que Nicolas Sarkozy n’avait pas inauguré. L’ancien chef de l’Etat était empêtré à ce moment-là dans son débat sur l’identité nationale et sur les tests ADN pour les sans-papiers.

Deux ans après son échec, Nicolas Sarkozy est revenu dans le jeu politique, avec un discours ferme depuis la rentrée sur l’immigration. François Hollande peut enfin marquer une différence. Il a en quelque sorte retrouvé son opposant numéro un, celui qui l’a amené là où il est aujourd’hui: à l’Elysée.

Nicolas Sarkozy avait dit il y a quelques semaines : "L’immigration ne doit pas être un sujet tabou mais un sujet majeur, car cela menace notre façon de vivre ". François Hollande l’a en quelque sorte pris au mot. L’immigration est un sujet majeur, mais pas pour faire peur, pour ce qu’elle peut apporter à notre histoire. C’est toute la différence. On est bien ce soir dans le clivage gauche/droite, dans ce qu’il a aussi de plus caricatural.

Une façon de répondre aussi à la montée du Front national ?

Il n’y a pas que le face-à-face avec Nicolas Sarkozy. Dans cette campagne présidentielle avant l’heure, François Hollande répond aussi à la montée des peurs et à la montée de l’extrême droite. Sauf que les vieilles recettes des années 80 ne fonctionnent plus. La gauche qui faisait monter le Front national pour gêner la droite dans des triangulaires, ça n’est plus automatique. Lors des prochaines échéances, aux départementales et aux régionales, l’année prochaine, c’est le PS qui sera gêné par la montée du FN. Pas l’UMP.

C’est pour cela que François Hollande hésite encore à relancer le vote des étrangers aux élections locales, cette promesse de sa campagne présidentielle. Il n’y aurait pas de majorité pour cela, il le sait, et l’épouvantail ne fonctionne plus. François Hollande est donc plutôt sur un registre plus classique pour lui : le pays apaisé, où l’on ne joue pas avec les peurs des français.

La campagne présidentielle commence aujourd’hui

Au-delà du clivage que François Hollande recrée à peu de frais, il y a aussi les cibles que vise le chef de l’état. Ce soir au musée de l’immigration, demain dans les quartiers à Boulogne-sur-Mer et à Lens, pour parler de rénovation urbaine. Dans les deux cas, il veut toucher cet électorat qu’il a tant déçu et, disons le, complétement perdu dans les enquêtes d’opinion. Cet électorat de gauche qui a fait son élection en 2012. Et partir à la conquête ou à la reconquête d’un électorat, cela s’appelle bien une campagne. Une campagne présidentielle.

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