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Édito
Réforme des retraites : le risque d'un embrasement social

Hostiles à la réforme des retraites, les syndicats appellent à une première journée d’action jeudi 19 janvier. La mobilisation sera probablement massive. Sera-t-elle durable ? C'est moins sûr.
Article rédigé par Renaud Dély
Radio France
Publié Mis à jour
Temps de lecture : 2 min
Les représentants des syndicats annonçant une première journée de mobilisation contre la réforme des retraites, à Paris le 10 janvier 2023 (JULIEN DE ROSA / AFP)

C'est l’un des premiers défis auxquels se heurtent les syndicats. Ils espèrent une contestation sociale de longue haleine pour faire reculer le gouvernement. Ils sont pour l’instant tous unis et tendus vers ce même objectif. Huit organisations bras dessus bras dessous, de la CGT à la CGC en passant par la CFDT, c’est plutôt rare. La dernière fois, c’était il y a 12 ans, lors de la précédente réforme des retraites. À l’époque, quatorze journées d’actions étalées sur neuf mois avaient rassemblé des millions de Français, sans faire reculer l’exécutif. 

Mais le contexte économique et social actuel favorise peut-être un embrasement. Les sujets de mécontentement s’additionnent : l'inflation, les menaces sur le pouvoir d’achat, l’envol des tarifs de l’énergie notamment pour les artisans, ou encore le prix des carburants qui repart à la hausse. Tout cela dessine un paysage social inflammable, surtout quand, dans les sondages, les trois quarts des Français sont hostiles à la réforme des retraites. Reste à savoir si ces angoisses vont générer de la colère ou de la résignation. Les spécialistes de l’opinion sont prudents, le gouvernement mise, lui, sur une forme d’apathie générale et sur l’affaiblissement des syndicats. Au risque de se heurter à une autre forme de contestation, plus périlleuse.

La crainte d'être débordés par "la base"

Des mobilisations moins organisées, plus "basistes" et donc plus difficiles à canaliser par les syndicats et à désamorcer par le pouvoir : c'est cela que les deux camps redoutent. Ils en ont fait l’expérience, avec le mouvement des "gilets jaunes" bien sûr, ou plus récemment avec ces collectifs à l’origine de mouvements plus spontanés par exemple chez les contrôleurs de la SNCF durant les vacances de Noël.

Ces mobilisations sont souvent plus radicales et il est plus compliqué d’ouvrir un dialogue et de négocier. C’est pourquoi, après le temps du bras de fer qui s’ouvre, le gouvernement et les syndicats auront peut-être dans quelques semaines un intérêt commun à se reparler et à négocier quelques concessions.

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