EDITO. Loi Immigration : Emmanuel Macron ne risque-t-il pas de refaire les mêmes erreurs avec la droite que lors de la réforme des retraites ?

Emmanuel Macron veut donc une nouvelle loi sur l’immigration. C’est un sujet qui pourrait bien mettre à mal la cohésion de la majorité… L'édito de Renaud Dély.
Article rédigé par France Info, Renaud Dély
Radio France
Publié
Temps de lecture : 2 min
Emmanuel Macron, le 24 avril 2023 à Ostende (Belgique). (KENZO TRIBOUILLARD / AFP)

Nouvel écueil en vue pour Emmanuel Macron. La réforme des retraites n’est pas encore digérée, la colère d’une frange de l’opinion pas encore apaisée, et le chef de l’Etat dégaine déjà un nouveau sujet explosif : l’immigration, avec un projet de loi amendé qui pourrait être débattu au Parlement à l’automne.

>> Loi immigration : Olivier Dussopt dit vouloir "tout faire pour éviter le 49.3"

La Première ministre précisera le calendrier dans quelques jours. Un texte explosif, donc, et d’abord pour la majorité. Depuis 2017, l’immigration est un thème qui vire souvent au casse-tête pour les macronistes. Sans doute parce que le catéchisme du chef est assez fluctuant. Sur ce sujet, Emmanuel Macron a beaucoup bougé. Avant d’entrer à l’Élysée, il applaudissait la généreuse politique d’accueil d’Angela Merkel. Devenu président, il a pris des positions beaucoup plus fermes. 

Qui viendra en renfort pour ce texte ?

Et sa majorité ne l’a suivi qu'en partie seulement. À l’Assemblée, le centre de gravité du groupe Renaissance penche plus à droite que lors de la législature précédente. Mais une frange de députés reste allergique aux accents répressifs du ministre de l’Intérieur. C’est pour cela que le texte initial se veut "équilibré". Problème : pour trouver une majorité, le gouvernement va devoir chercher du renfort à droite. Et sans doute durcir son texte. Le champ du titre de séjour pour les "métiers en tension" risque de se rétrécir.

Selon un haut responsable de la majorité, il pourrait être réservé à des étrangers hautement qualifiés, sur le modèle des soudeurs canadiens auxquels EDF fait appel pour ses réacteurs nucléaires, plutôt que les sans-papiers qui font la plonge dans les restaurants. Il ne concernerait donc plus qu’une poignée de bénéficiaires. Les procédures d’expulsion seraient, elles, accélérées et les recours limités un peu plus. 

Des propositions pour séduire la droite, donc ? Rien ne le garantit. L’immigration, c’est le cheval de bataille d’Eric Ciotti. Il ne se privera pas de renchérir pour se refaire une santé auprès de ses troupes. Par exemple en s’attaquant à l’aide médicale d’Etat. En fait, du côté de l’exécutif, on veut mettre la droite au pied du mur et prendre l’opinion à témoin. Courir après LR au risque de ne pas obtenir son soutien, et susciter le trouble dans la majorité, ça ne vous rappelle rien ? C’est exactement ce que le gouvernement vient de faire sur le dossier des retraites.

Commentaires

Connectez-vous à votre compte franceinfo pour participer à la conversation.