EDITO. Emmanuel Macron bousculé et hué : son "chemin de croix" ?

Retour sur le déplacement qu'Emmanuel Macron a effectué mercredi 19 avril en Alsace, dans un climat houleux. Le chef de l’Etat a été particulièrement chahuté.
Article rédigé par France Info, Renaud Dély
Radio France
Publié Mis à jour
Temps de lecture : 2 min
Emmanuel Macron face à des manifestants contre la réforme des retraites, le 19 avril 2023 à Sélestat (Bas-Rhin) (LUDOVIC MARIN / POOL / AFP POOL)

Emmanuel Macron est ravi. Le président de la République a passé une excellente journée ! Il voulait être "à portée de baffes" des Français, comme il dit. Le chef de l’Etat a été servi : des huées, des sifflets, des insultes, des menaces, tout ou presque y est passé, sans oublier les concerts de casseroles. Un accueil très hostile, des manifestants tout au long de son déplacement, bref, un vrai sondage grandeur nature. Ces Français qui le rejettent massivement dans les enquêtes d’opinion, Emmanuel Macron les a croisés en vrai, du côté de Sélestat.

Il préfèrerait être applaudi, bien sûr, mais ce sont ces images de cohue qu’il venait chercher. À l’Elysée, on pense qu’Emmanuel Macron doit se plonger jusqu’au cou dans le bain de l’impopularité avant de se refaire une santé. Ce serait un peu comme une cure de jouvence : vous vous souvenez de la scène inaugurale du macronisme, quand le candidat avait plongé dans une mêlée hostile sur le parking de l’usine Whirlpool à Amiens dans l’entre deux-tours de la présidentielle de 2017. Au passage, ce climat le contraint à faire un peu, un peu seulement, acte de contrition. Il a confessé une part de "responsabilité" dans le conflit des retraites et assuré Laurent Berger, le leader de la CFDT sur le départ, de son "respect" et même de son "amitié".

Emmanuel Macron veut continuer à se déplacer

Il sera jeudi 20 avril dans l’Hérault. Mais c’est risqué sur le plan de la sécurité, et sur le plan politique. Au gré de ces étapes chaotiques, le président affiche son isolement, sa faiblesse, et surtout la haine dont il est la cible. Si ces déplacements continuent de tourner au pugilat, Emmanuel Macron prend le risque d’être considéré comme porteur de désordre au moment où sa principale adversaire, Marine Le Pen, affecte un profil patelin pour essayer d’incarner  le retour au calme.

Dans la majorité, on loue le courage du chef de l’Etat. Ne pouvant se représenter, il sacrifierait sa popularité pour préparer la France de demain. Certains de ses disciples évoquent même une dimension quasi-christique. Ces déplacements houleux seraient un peu son chemin de croix. Ils devraient se souvenir qu’en l’occurrence, cela ne s’était pas très bien terminé.

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