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Discorde à l'UMP... le remake à Paris

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Après les déchirements sur le vote sur la présidence de l'UMP, le mouvement offre une nouvelle fois le spectacle des cafouillages en gros. Le vote pour la primaire parisienne vient de commencer et l'UMP n'est pas au bout de ses peines.
Article rédigé par
Radio France
Publié Mis à jour
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Un an après la défaite de Nicolas Sarkozy à la
présidentielle, l'UMP ne parvient pas à retrouver le chemin de la sérénité. Il y a eu le grand raté du vote devant départager François
Fillon et Jean-François Copé, sous le regard faussement indifférent de Nicolas
Sarkozy. Au final, Jean-François Copé reste aux commandes du mouvement,
François Fillon demeure un ancien Premier ministre sourcilleux, et Nicolas
Sarkozy un ancien président qui ne dit mot, mais pense toujours si fort que tut
le monde l'entend.

C'est comme s'il y avait un grand vide, ou au contraire, un
trop plein à la tête de l'UMP.

Et quand ça va mal au sommet, cela ne va pas mieux à la
base. A Paris par exemple. Nathalie Kosciusko-Morizet apparaissait la favorite, la
mieux placée pour affronter la socialiste Anne Hidalgo... au point que Rachida Dati
avait jeté l'éponge.

Mais cette position
avantageuse a été contestée, par d'autres candidats à la primaire, et notamment
Pierre Yves Bournazel.

  C'est un jeune élu de 35 ans, doté d'une solide ambition,
épaulé par l'aile droite de l'UMP. Cette aile droite pour laquelle la mobilisation contre le
mariage pour tous doit nourrir le renouveau de l'UMP. D'où le soutien affiché par Geoffroy Didier et Guillaume
Peltier envers Pierre Yves Bournazel, nouvel figure  médiatique de la droite parisienne. Car pour l'heure, cette compétition ressemble plutôt à une
mauvaise querelle aux ressorts essentiellement médiatiques. Ce qui transparait de cet affrontement, ce n'est pas la
confrontation entre deux projets, mais une offensive contre Nathalie
Kosciusko-Morizet.

Pierre Yves Bournazel et ses supporters appellent avant tout
à voter contre l'ancienne ministre de l'écologie, coupable de s'être abstenue
lors du vote de la loi Taubira. L'issue du scrutin est inconnue, ce qui constitue une
première victoire pour ces jeunes stratèges. Ils ont déjoué le cours de l'histoire
d'une primaire qui n'est plus aussi écrite qu'elle le paraissait.

Ce qui constitue une
victoire assez relative quand même.

  Une petite victoire pour Pierre Yves Bournazel, mais pas
forcément un grand pas pour l'UMP. Certes le jeune élu du 18è a conquis une rapide notoriété avec
cette posture. Il prend date.

Mais le premier effet est d'en rajouter sur l'image confuse
de l'UMP.

Officiellement, François Fillon, Jean-François Copé et même Nicolas
Sarkozy soutiennent Nathalie Kosciusko-Morizet, mais ils laissent cette
querelle se renforcer de jours en jours sans broncher. Chaque jour apporte son lot de contestation, de mise en
cause du système de vote. Jusqu'à une demande de suspension des opérations, réclamée,
en vain, par Pierre Yves Bournazel cet après midi. Comme s'il s'agissait d'engranger des arguments pour une
future contestation du résultat.

Tout ce qui risque de rester de ce vote interne, c'est l'image
d'un parti où la confiance ne règne pas vraiment  en interne. Un spectacle décourageant pour les militants, mais qui ne
semble pas inquiéter les hauts responsables de l'UMP.

Comme si la bataille de Paris n'avait pas grande valeur à
leurs yeux.

 

 

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