Cet article date de plus de neuf ans.

Compétitivité : le rapport Gallois est-il vraiment attendu ?

écouter (5min)
Le dossier de la compétitivité est politiquement explosif. Un rapport sur le sujet semble avoir été enterré par le gouvernement, un rapport commandé à un patron réputé de gauche, Louis Gallois.
Article rédigé par
Radio France
Publié Mis à jour
Temps de lecture : 2 min.
 (©)

Un rapport Gallois rebaptisé "rapport Figaro" par le facétieux ministre du travail Michel Sapin depuis que les grandes lignes de ce fameux rapport ont fuité dans les colonnes du quotidien de droite samedi dernier. Trente milliards d'euros d'allègements de charges patronales sur deux ou trois ans, compensées par une réduction des dépenses publiques, et une hausse de CSG voire de TVA pour les ménages.

Depuis cette enième fuite dans la presse de documents censés rester confidentiels, on ne compte plus les ministres qui se désolidarisent de l'ex-patron d'EADS. Officiellement, le rapport n'est bien sûr aucunement enterré. Le ministre de l'Économie Pierre Moscovici : "Ce rapport est un rapport utile".  

Une proposition "attendue"   dont le gouvernement se passerait quand même bien volontiers. Après des semaines d'atermoiments, il lui apparaît en effet difficile d'imposer au français le fameux choc de compétitivité que le patronat réclame à corps et à cris au moment où les ménages se voient déjà réclamer près de 16 milliards d'euros d'effort fiscal.

D'où les critiques à l'encontre d'un rapport pourtant commandé à grand renfort de publicité il y a quelques semaines. Rapport aujourd'hui beaucoup moins attendu. François Hollande lui-même en fin de semaine à bruxelles déclarait que "c'est un rapport qui n'engage pas le gouvernement ou le président de la République".  

Il faut dire que le sujet de la compétitivité n'en finit pas d'empoisonner le début de quinquennat de François Hollande. Un sujet qui divise son gouvernement entre les ministres sensibles aux arguments du patronat, ceux qui jugent que le sujet n'est pas prioritaire, ou encore ceux qui pensent qu'il faut cibler les baisses de charges. Le ministre du redressement productif Arnaud Montebourg propose "le donnant-donnant. On baisse les charges et en contrepartie vous investissez dans l'entreprise"

Afin de minorer les dissensions sur le sujet, le gouvernement préfère parler de "trajectoire de compétitivité" plutot que de "choc" de compétitivité et privilégie les mesures dites "hors coûts", comprenez hors coût du travail. En d'autres termes, la compétitivité ne se résume pas au coût du travail et passe par l'innovation, l'éducation ou encore l'aide à l'exportation.

Pendant ce temps, la droite se régale. De ballons d'essai en fuites non contrôlées, l'exécutif a bcp tergiversé ces dernières semaines, au point de mettre le sujet sur le devant de la scène.. l'opposition n'a plus qu'à s'engouffrer dans la brèche.L'ancien ministre Laurent Wauquiez ne s'en prive pas : "Quand les réponses ne vous conviennent pas, on cale le rapport en dessous de la pile de l'armoire"   et de conclure : "François hollande est pris à son propre piège, celui de la vérité. Il est embarrassé par un rapport qui est honnête et sincère". .

Commentaires

Connectez-vous à votre compte franceinfo pour participer à la conversation.