Les jardins de la Mansonière, dans l'Orne

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La même passion pour le jardinage anime Michèle et Philippe Manson. Leur jardin est un modèle d'harmonie et de protection de la nature.

Article rédigé par
Isabelle Morand - franceinfo
Radio France
Publié Mis à jour
Temps de lecture : 2 min.
Le jardin blanc et son ouverture sur la Roseraie.  (ISABELLE MORAND / RADIO FRANCE / FRANCE INFO)

Les jardins de la Mansonière à Saint-Céneri-le-Gerei, dans l’Orne, font partie de mes jardins préférés. Chaque espace s’y déguste comme une petite ou une grosse friandise.

Pas facile de planter dans un sol granitique ! 

Depuis 28 ans, Michèle et Philippe Manson se donnent corps et âme à ce vaste espace, organisé en chambres de verdure aux ambiances très différentes. On y trouve un jardin japonisant, un jardin à l’italienne, un potager, un jardin blanc, une roseraie, des conifères taillés en nuages, des arbres communs ou rares…

Le tout est planté dans des conditions pas toujours faciles, explique Philippe Manson : "Ici, nous sommes dans les Alpes mancelles. C'est le début du massif armoricain. Le sol est donc très granitique. Quand on creuse pour planter, il faut utiliser des barres à mine pour venir à bout des blocs rocheux."

"Planter ici n'est pas facile, il faut souvent creuser les trous de plantation à la barre à mine."

Philippe Manson

à franceinfo

La perfection... ou rien

La difficulté du terrain n’a pourtant jamais freiné les envies de Michèle et Philippe. Les moindres espaces, coins, recoins sont plantés. Et le travail sur les sols, dans et entre les jardins, est remarquable. Alors, oui, il y a de l’herbe, du gravier mais aussi des écorces de pin, des grandes dalles d’ardoise, ou cet assemblage concentrique de pavés, galets et verre au beau milieu d’une marée de graminées (Stipa tenuissima).

Un nouvel espace a été aménagé dans le jardin, laissant la part belle aux graminées et au travail sur les sols.  (ISABELLE MORAND / RADIO FRANCE / FRANCE INFO)

Et comme on a à faire à deux jardiniers perfectionnistes, le désherbage des allées se fait à la main, et la taille à la cisaille. Michèle y tient : "Toutes les tailles se font manuellement. J'ai essayé une fois de tailler les plus grands sujets avec un outil thermique, mais j'ai été déçue par le résultat. C'est moins joli, l'aspect obtenu est moins doux, moins velouté."

L'Angleterre pour modèle

Les plus anciennes plantations se trouvent sur l’un des côtés de la maison. Là, Michèle et Philippe ont appliqué les leçons prises lors de voyages en Angleterre. 

"Quand nous somme allés en Grande-Bretagne pour visiter des jardins, nous nous sommes aperçus qu'ils appliquent dans leurs plantations la même recette depuis des siècles : ils plantent un tiers de végétaux à feuillage persistant. Donc, nous avons fait la même chose ici, en plantant notamment un magnolia à grandes fleurs (Magnolia grandiflora).

À cette époque-là, la personne qui nous a vendu l'arbre nous a dit : Mais vous êtes fous ! Il va finir par soulever la maison ! Trente ans plus tard, la maison est toujours là et le magnolia aussi ! Dans cette partie, on trouve aussi un magnifique rosier 'Ghislaine de Féligonde' et une grande glycine. Et puis, de la campanule des murailles (Campanula portenschlagiana) qui, au printemps, fleurit bleu en abondance."

Au printemps, le mur de la maison est recouvert par la végétation de la glycine et la floraison du rosier 'Ghislaine de Féligonde'.  (ISABELLE MORAND / RADIO FRANCE / FRANCE INFO)

Visites et concerts en nocturne

Pas facile de brosser en deux minutes un portrait de ces jardins si riches. Mieux vaut se faire une idée soi-même en allant les visiter. Les jardins de la Mansonière sont ouverts jusque fin août, tous les après-midi, du jeudi au dimanche. L’été, des concerts classiques y sont donnés en nocturne. Le jardin est alors éclairé par des centaines de bougies. Prochains concerts les 30 juillet et 27 août. 

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