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Jardin. Comment empêcher les bambous de tout envahir

Vous pouvez planter des bambous en ce moment. Mais certains sont envahissants. Comment les dompter ?

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Bouquets de phyllostachys, chez Guénolé Savina, Le jardin Kériel, en Bretagne.
Bouquets de phyllostachys, chez Guénolé Savina, Le jardin Kériel, en Bretagne. (ISABELLE MORAND / RADIO FRANCE)

Les bambous se plantent toute l’année, hors période de gel. Il faut savoir que dans cette famille, il y a des enfants sages et des indisciplinés. 

Les sages, ce sont les fargésias. On les plante, pas besoin de les surveiller, ils ne fuguent pas. Les indisciplinés se nomment phyllostachys, ce sont eux que l’on plante le plus souvent au jardin. Si vous ne maîtrisez pas leur caractère cavaleur, vous allez en retrouver partout, et surtout, là où il ne faut pas, chez les voisins, par exemple. 

Une méthode naturelle anti-évasion

Pour empêcher la grande évasion des rhizomes, c’est-à-dire des racines des bambous, on conseille souvent d’installer une barrière anti-rhizomes, un produit issu de la pétrochimie. Marc Bouillon, du Jardin Émeraude, dans les Yvelines, a mis au point une méthode naturelle et quasi gratuite pour contenir les phyllostachys. Il suffit d’une bêche et d’un peu d’huile de coude…

"Il faut, à la plantation, faire un petit fossé autour de votre phyllostachys. Creusez sur 20 à 30 cm de profondeur et 20 cm de large. À l’automne, quand les rhizomes traversent cette petite tranchée, vous les coupez. Une barrière anti-rhizomes empêche, à terme, de gérer l’extension du rhizome. Il est cloisonné pendant un certain temps mais vous ne l’arrêterez pas. À un moment donné, il passe en dessous et ressort 10 m plus loin et là, ça devient plus compliqué à gérer".

Pas de culture en pot

Vous allez dire, une tranchée c’est moche et vous avez raison ! Vous pouvez planter à l’avant du trou des plantes vivaces ou des arbustes. On n’y verra que du feu. Mais, dites-vous aussi que le bambou perd des feuilles à longueur d’année et que ces feuilles vont finir par combler la tranchée.

N’essayez pas de ruser en cultivant le phyllostachys en pot. C'est une mauvaise idée pour Marc : "Je ne vous conseille vraiment pas de cultiver ce bambou en pot. Il va vite remplir le pot. Vous n’allez plus avoir qu’une armée de rhizomes. La plante va végéter, elle peut même mourir. Ou alors, elle va éclater le pot !"

Une utilisation maîtrisée du phyllostachys, au Parc oriental de Maulévrier (Maine-et-Loire)
Une utilisation maîtrisée du phyllostachys, au Parc oriental de Maulévrier (Maine-et-Loire) (ISABELLE MORAND / RADIO FRANCE)

Deux conseils d’entretien

Au printemps, apportez de la nourriture au bambou. Du fumier bien décomposé ou de l’engrais gazon puisque le bambou est une graminée. Enfin, à l’achat, renseignez-vous sur la hauteur adulte du bambou ; cela vous évitera d’avoir à lui couper la tête. Il n’y a rien de plus laid qu’un bambou dont la partie supérieure finit par ressembler…à un paillasson. 

Merci à Marc Bouillon, paysagiste et spécialiste des bambous. Avec son épouse, Florence, il a créé Le jardin d’Émeraude à Saint-Rémy-lès-Chevreuse. Un bijou de diversité botanique que vous pouvez visiter, uniquement sur rendez-vous, en envoyant un mail à l'adresse : jardin.emeraude@hotmail.fr

Sur l’agenda ce dimanche 

Fête des plantes, à Falletans (Jura). Une douzaine d’exposants seulement mais de qualité ! Parmi eux : la pépinière Akébia et sa collection de plantes grimpantes originales et Christian Bessard, un producteur remarquable d’arbres et d’arbustes. 

Foire aux plantes, à Puydaniel (Haute-Garonne). Un joli cadre champêtre, des exposants venus du grand sud-ouest, de l’aligot de l’Aveyron et des huîtres de Leucate à déguster…

Foire aux arbres, à Montvendre (Drôme). Une quarantaine de pépiniéristes présents pour faire le plein de rosiers, d’arbres fruitiers, de vivaces, d’arbustes. 

 

Bouquets de phyllostachys, chez Guénolé Savina, Le jardin Kériel, en Bretagne.
Bouquets de phyllostachys, chez Guénolé Savina, Le jardin Kériel, en Bretagne. (ISABELLE MORAND / RADIO FRANCE)