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Les médias ont-ils trop parlé de l'assassinat d'Agnès ?

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Les médias en ont-ils trop fait à propos de l'affaire Agnès ? Le traitement médiatique de l'assassinat de l'adolescente en Haute-Loire a été très critiqué. Un syndicat de journalistes, le SNJ-CGT, dénonce une "dérive sensationnaliste". Jean-Marie Charon, sociologue des médias, analyse la place accordée aujourd'hui par les médias aux faits divers. Mais tout d'abord, tour d'horizon de l'actualité de la semaine.
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Radio France
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La déclaration de la semaine

Elle est signée Jacques Rosselin. Le directeur de la rédaction de La Tribune a signé un éditorial un peu particulier dans le quotidien daté d'hier. "La Tribune est vivante [...] la rédaction est debout" , écrit-il. Une manière de répondre à ceux qui ne croient plus à l'avenir du quotidien économique. La Tribune doit en effet être placée en redressement judiciaire. Faute d'avoir trouvé des investisseurs désireux de l'aider à faire face à ses difficultés économiques, la direction a décidé de chercher un repreneur.

L'audience de la semaine

C'est celle réalisée par Canal+, qui diffusait lundi soir les premiers épisodes de la saison 2 de Braquo, la série policière d'Olivier marchal : 1,3 million de téléspectateurs. C'est un bon score pour la chaîne payante et surtout ça conforte la stratégie de Canal, qui mise beaucoup sur ses séries maison. Il y a quelques semaines, Borgia avaient déjà réalisé de bonnes audiences. Et avec ces séries très coûteuses - un million d'euros par épisode pour Braquo par exemple - la chaîne compte asseoir son statut de média haut de gamme.

La bataille de la semaine

Elle est menée par 20 minutes et Métro : les deux quotidiens gratuits vont accroître leur zone de diffusion en janvier prochain. 20 minutes , qui est aujourd'hui distribué dans 32 villes, va passer à 40. Métro passe de son côté de 15 à 30. Et leur stratégie est visiblement en partie la même : ne plus se concentrer uniquement sur les grandes villes, mais aller chercher de nouveaux lecteurs dans les villes dites intermédiaires en concurrençant la presse régionale.

Le dossier de la semaine

Les médias en ont-ils trop fait à propos de l'affaire Agnès ? Le syndicat SNJ-CGT s'est fendu d'un communiqué pour dénoncer une "dérive sensationnaliste" qui pourrait "faire le lit des forces les plus rétrogrades" . Il vise particulièrement les journaux télévisés.

Et effectivement, les JT ont très longuement relaté cette affaire plusieurs jours de suite : 13 minutes 30 dans le journal de TF1 dimanche soir par exemple, plus de 15 minutes dans celui de France 2 à la même heure. Une fois n'est pas coutume, la chaîne publique a été plus présente que la chaîne privée sur cette affaire, et les critiques sont sévères : le site de Télérama notamment a publié une chronique intitulée "Le Pen, Pujadas, même combat" . "Pourquoi Agnès et pas une autre ?" s'interrogeait pour sa part un journaliste de l'Express sur son blog. "France 2 est dans une position de concurrence permanente avec TF1, depuis les années 80" analyse Jean-Marie Charon, sociologue des médias. "Les cadres de la chaîne se sentent donc obligés d'aller se placer sur le terrain du faits divers, comme la télévision commerciale" .

On peut répondre qu'il y a de vraies questions de société posées par ce meurtre : la récidive, la présence d'un mineur mis en examen pour viol dans un établissement scolaire "normal"... Fallait-il pour autant titrer "la France en colère" comme le fait cette semaine Paris Match ?

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