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Un arbre survit grâce à un rat géant

A l'heure où les forêts tropicales humides d'Afrique, d'Amérique et d'Indonésie sont gravement menacées, les biologistes continuent à découvrir de nouvelles espèces d'arbres, qui quelquefois ne doivent leur survie qu'à la présence d'un seul animal. Explications de Pierre-Michel Forget, maître de conférences au Museum national d'Histoire naturelle.

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Pierre-Michel Forget du laboratoire Mécanismes adaptatifs : des Organismes aux communautés (Museum national d'Histoire naturelle/CNRS) spécialiste des forêts tropicales humides d'Afrique et d'Amérique du Sud étudie en particulier des arbres du genre carapa que l'on trouve en Afrique et en Amérique du Sud. En collaboration avec l'Université nationale du Rwanda et l'Université d'Antioch (Etats-Unis) il a dernièrement pu mettre en évidence dans le Parc National Nyungwe qu'une espèce de carapas, vivant entre 2.400 et 2.600m d'altitude, devait sa survie au rat géant à poche de Kivu, ce qui était alors inconnu.

Les fruits de cette espèce de carapas renferment des graines de 40 à 50 g en moyenne qui font le régal de ces gros rongeurs. Tout comme les écureuils, ils cachent un grand nombre de ces graines dans les profondeurs de leurs terriers, de quoi subvenir à leurs besoins en cas de pénurie. Mais beaucoup d'entre elles sont dispersées à la surface du sol permettant ainsi aux plantules de se développer et à l'arbre de se régénérer. Une découverte qui met en évidence le mutualisme des interactions entre les vertébrés et les plantes. L'un sans l'autre ne peut vivre ni survivre.

Les résultats de cette étude sont publiés dans la revue Biotropica de l'Association for Tropical Biology and Conservation du mois de Novembre.

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