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Une découverte sur le rôle du sommeil qui servirait à "nettoyer" le cerveau

Les adultes consacrent en moyenne un tiers de leur existence à dormir. Mais à quoi peut bien servir tout ce sommeil ? Instinctivement, on pourrait être tenté de répondre qu'il faut bien à un moment ou à une autre recharger ses batteries. Sauf qu'une étude vient de conclure plutôt l'inverse : le sommeil permettrait plutôt de vider le cerveau au lieu de le recharger ! Les explications de Caroline Tourbe, journaliste pour le magazine Science et Vie.

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Pendant le repos s'opérerait un grand nettoyage sous notre
crâne. Les déchets et les toxines accumulés pendant la phase d'éveil seraient
emportés dans un flux de liquide orchestré par des cellules spécialisées. Au
réveil, étincelant comme après un passage dans la machine à laver, le cerveau serait
littéralement purifié ! C'est ce qu'on découvert des chercheurs de
l'université Rochester à New York.

L'auto-nettoyage du cerveau serait une phase indispensable à
la survie de nos neurones. Pour Maiken Nedergaard, qui a dirigé l'étude, des
défaillances dans ce système d'auto-nettoyage pourraient avoir un rôle dans de
très nombreuses pathologies du cerveau, notamment les maladies neurodégénératives.
Dans le cas de ces maladies, on sait que des protéines s'accumulent à l'excès
dans le cerveau et finissent pas asphyxier les neurones.

Les chercheurs ont observé que pendant le sommeil, l'espace qui
sépare les cellules nerveuses, augmente considérablement. Le volume de fluide
dans cet espace interstitiel augmente de 50%. A l'inverse, en phase d'éveil l'espace
se rétracte et le fluide est chassé.

Le rôle des cellules gliales

Les chercheurs se sont intéressés à des cellules spécifiques
qui peuplent le cerveau, des humains, comme celui d'autres animaux : les
cellules gliales.

Ce ne sont pas des neurones et on les a longtemps pris pour
de simples cellules de soutien. Rien d'autre qu'une espèce de glue inerte :
d'où leur nom de GLIE et cellules gliales. Sauf que ces cellules gliales sont
beaucoup moins bêtes qu'il n'y parait et aurait même un tas de fonctions
précises, dont celle de collecter activement les déchets du cerveau.

Contre toute attente, le cerveau possède donc son propre
réseau de canalisations, capable de collecter volontairement les toxiques qui
menacent sa survie. Ce processus se met en route exclusivement pendant le
sommeil et c'est un mécanisme actif. Un point particulièrement intéressant car,
il permet de répondre à cette question essentielle : Pourquoi
s'endort-on ? La découverte des chercheurs américains permet d'émettre une
hypothèse :  c'est le besoin de nettoyer
son cerveau qui induirait directement le besoin de sommeil !

Le manque de sommeil

Le manque de sommeil, quelle qu'en soit la raison,  a un impact direct sur nos capacités mentales :
troubles de la concentration et de l'humeur, difficultés à mémoriser... On
invoque la fatigue, mais aujourd'hui, on est en droit de se demander si tout
cela n'est pas dû à un cerveau trop encrassé.

Les troubles du sommeil sont aussi des facteurs de risques
de maladies neurodégénératives et là encore, on peut se demander si le manque
de nettoyage du cerveau ne joue pas un rôle comme le pense la chercheuse
principale de l'équipe.

Du côté, des maladies neurodégénératives, les chercheurs
espèrent mettre au point des molécules capables d'intensifier le nettoyage et
d'évacuer les protéines toxiques. Tous ces espoirs sont lointains, certes, mais
ils sont vraiment inédits.

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