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Que deviennent les petits cirques privés de lieux d’accueil ?

24 mars 2016. Les cirques manifestent dans la capitale. Avec leurs camions et leurs caravanes, ils bloquent le périphérique parisien. Leurs représentants s'inquiètent du manque de lieux d'accueil pour planter leurs chapiteaux. D'après James Douchet, le directeur d'un cirque, les mairies sont de plus en plus nombreuses à refuser de louer leurs terrains.

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(James Douchet, directeur du site Sébastien Zavatta © Sébastien Baer - Radio France)

 James Douchet en colère : "Je suis allé à Saint-Thibault des Vignes, le cabinet du maire m’a dit qu’il n’y avait pas de terrain, alors qu’ils en ont un depuis 30 ans. A Gonesse, ils ont mis des pierres tout autour du champ de foire car le maire ne veut pas de cirque. Dans toutes les villes à 50 kilomètres à la ronde, je peux vous citer toutes les communes, aucune n’a donné une autorisation à une cirque" .

Dépôts de bilan

Quatre mois après l'opération-escargot sur le périphérique parisien, James Douchet a installé son cirque dans une ville de 10.000 habitants, en région parisienne. Depuis mars, il y a eu deux réunions au ministère de l'intérieur pour tenter d'arranger les choses. Mais le directeur explique que les difficultés n'ont pas disparu.  "Depuis le mois de mars, huit cirques ont déposé le bilan car ils ne peuvent plus vivre. Ils n’avaient plus d’argent, plus de carburant pour les véhicules, plus de matériel"  souligne James Douchet, qui note que les manifestations organisées par les cirques n’ont pas eu beaucoup d’effet. " Ici, on est venus sans autorisation"  explique le patron du cirque, qui s’est installé dans une commune du sud de l’Essonne.  "Il faut comprendre qu’on a une société à faire tourner, avec du personnel et des charges, le carburant pour les véhicules et les groupes électrogènes, la nourriture pour les animaux, la viande pour les fauves, les véhicules publicitaires qui parcourent mille kilomètres en moyenne par commune traversée" .

Séjours à rallonge

Le manque de lieux d’accueil "Ici on est obligés de rester quinze jours"  regrette James Douchet.  "C’est pas normal, si vous restez une semaine, le public se partage sur sept jours. Et si on reste deux semaines, pour nous, la deuxième semaine est à perte. On ne gagne pas d’argent" . Le directeur du cirque a remarqué une tendance qui l’inquiète. "Quand il reste un terrain, la mairie le vend et fait installer dessus une HLM ou un centre commercial, c’est pour ça qu’il n’y a plus de champs de foire"  explique James Douchet qui s’inquiète pour l’avenir de son cirque.  "J’ai réduit de moitié mon matériel et le nombre de camions. J’avais quinze camions et maintenant j’en ai sept. D’habitude on installe le chapiteau pour 500 places, là j’ai installé 100 places" .

Le directeur du cirque Sébastien Zavatta est plutôt pessimiste. « S’il n’y a pas d’amélioration d’ici 4 ou 5 mois, je vais avoir un gros souci. Normalement, je dois continuer jusqu’au mois de décembre. Je ne crois pas que je réussirai à tenir jusque là" . D'après l'association de défense des cirques de familles, 70% des 550 petits cirques familiaux de France seraient quasiment au chômage technique.

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(James Douchet, directeur du site Sébastien Zavatta © Sébastien Baer - Radio France)