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Ils ont fait l'actu. Jean Rottner, président de la région Grand Est très touchée par le coronavirus : "Il y a eu des noms d'oiseaux assez terribles de part et d'autre de la frontière"

Comme tous les étés, Sébastien Baer revient sur les événements marquants de l'année. Et ce sont ceux qui les ont vécus qui les racontent. Lundi, Jean Rottner, président de la région Grand Est et également médecin urgentiste.

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Jean Rottner, le président de la région Grand Est, médecin urgentiste.
Jean Rottner, le président de la région Grand Est, médecin urgentiste. (SEBASTIEN BAER / RADIO FRANCE)

23 mars 2020. En pleine épidémie de coronavirus, un hôpital militaire est installé à Mulhouse. Sous les tentes kaki, dressées à 50 mètres du service des urgences, trente lits de réanimation accueillent les malades. Pour Jean Rottner, le président de la région Grand Est qui est aussi médecin urgentiste, cet hôpital de campagne et l'arrivée de personnels militaires vont soulager les urgences, submergées par l'afflux de patients. "Vous savez, la guerre est telle en ce moment que ça va donner un bol d'air, ça va empêcher peut-être ces transferts incessants que nous devons réaliser et qui épuisent là aussi les équipes". Deux mois après son installation, l'hôpital de campagne de Mulhouse a pu être démonté mi-mai. Même si le virus continue à circuler, la situation est désormais sous contrôle et la région est passée en vert sur la carte du déconfinement.

Mais l'impact de la crise sanitaire sera durable prévient Jean Rottner, le président du Conseil régional. "Cela laissera des traces notamment dans l'Est de la région. Il y a, le Haut-Rhin, le Bas-Rhin, les Vosges, la Moselle, là où le taux de mortalité et le plus fort. Il faut savoir qu'à Mulhouse par moment nous avions plus de 150 corps qui attendaient d'avoir un service mortuaire. Donc cela laissera des traces très fortes" souligne Jean Rottner.

Une couleur surveillée comme le lait sur le feu

Le président de la région Grand Est a l'impression d'avoir dû fournir plus d'efforts que ses confrères des autres régions, pour s'en sortir : "Nous avons été l'attention quasi quotidienne du reste des Français qui nous regardaient en disant 'mais qu'est-ce qui se passe' et qui se demandaient comment on allait s'en sortir". Longtemps, la région est restée en rouge sur la carte présentée par le gouvernement.

Ce n'est que le 2 juin que les voyants sont devenus verts, un peu tard pour Jean Rottner : "Il y avait une discordance entre les indicateurs qui avaient été fixés par le gouvernement et qui étaient au vert depuis plus d'une dizaine de jours et cette couleur qui restait désespérément rouge. À un moment donné, on a dit qu'il n'y avait plus de raison de rester rouge. Cette couleur, elle est lue par les autres Français comme voulant dire 'attention danger' et elle est lue ici aussi par nos voisins frontaliers (ndlr: allemands)".

D'ailleurs, Jean Rottner a parfois dénoncé des décisions unilatérales et peu compréhensibles prises par les autorités allemandes. Début juillet, Jean Rottner a été le premier à témoigner devant la commission d'enquête du Sénat sur la crise du coronavirus. Le président de la région Grand Est a pointé un retard et des lourdeurs dans la gestion de la crise sanitaire. Dans le Grand Est, l'épidémie de Covid 19 a coûté la vie à 5 500 personnes.

Jean Rottner, le président de la région Grand Est, médecin urgentiste.
Jean Rottner, le président de la région Grand Est, médecin urgentiste. (SEBASTIEN BAER / RADIO FRANCE)