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Ils ont fait l'actu. Covid-19 : Guillaume Rozier, petit génie de la crise sanitaire

Comme tous les étés, Sébastien Baer revient sur les événements marquants de l'année. Et ce sont ceux qui les ont vécus qui les racontent.
Article rédigé par franceinfo, Sébastien Baer
Radio France
Publié Mis à jour
Temps de lecture : 5 min
Guillaume Rozier, créateur de CovidTracker et Vitemadose.   (SEBASTIEN BAER / RADIO FRANCE)


22 mai 2021. À 25 ans, et à titre exceptionnel, Guillaume Rozier est fait chevalier de l'ordre national du Mérite. Le créateur de CovidTracker et Vitemadose, des sites internet qui permettent de suivre la crise sanitaire et de trouver des créneaux de vaccination, est le plus jeune des 1 088 promus. "C'est un honneur pour moi de recevoir une telle distinction. Ça matérialise les heures de travail, les sacrifices pour développer ces différentes plateformes pour en terminer le plus rapidement possible avec cette épidémie" réagit Guillaume Rozier.


Pour le jeune et brillant spécialiste du traitement des données de masse, l'année aura été exceptionnelle. Covidtracker, alimenté par une centaine de bénévoles et fréquenté par dix millions d'utilisateurs tous les mois, s'est imposé comme une référence. Inconnu il y a un an, Guillaume Rozier est devenu la nouvelle star des réseaux sociaux. "C'est complètement improbable. Je pense qu'improbable, c'est le bon mot."

Il y a un an, j'étais encore étudiant en école d'ingénieur. J'étais plutôt timide et je n'étais pas du tout à l'aise pour parler en public.

Guillaume Rozier

à franceinfo

En fait, je ne pensais pas du tout qu'un jour, je serais capable de faire ça, reprend le jeune ingénieur. Fédérer des dizaines de bénévoles derrière une initiative, les coordonner, faire un site Internet qui est devenu populaire, faire des applications mobiles. En fait, je ne pensais pas être capable de faire tout ça un jour et surtout pas à cet âge-là, surtout pas en sortant des études. Je ne pensais pas que ça pouvait être autant populaire. Je ne pensais pas que des courbes, des statistiques, des graphiques, des choses que je pensais finalement très austères, très mathématiques, je ne pensais pas que ça pouvait intéresser autant de monde. Il y a une réelle popularité. Je pense que les gens ont envie de comprendre les phénomènes par eux-mêmes, de comprendre les chiffres. Ça permet évidemment aussi plus de transparence puisque ça permet de comprendre les décisions publiques qui sont prises."

À ceux qui lui demandent si, en quelque sorte, il n'a pas assuré un rôle qui aurait dû être assumé par l'État, voici la réponse de Guillaume Rozier : "Nous, on a essayé de faire ce qu'on pensait être utile au bon moment. Est-ce que l'État aurait dû faire certains des outils qu'on a fait ? Peut-être. Je ne sais pas. Si on a pu faire ça c'est parce que l'État a collecté des données, des données épidémiques, des données sanitaires, des données sur la vaccination. Mais l'État a aussi publié ces données. L'État a mis à disposition toutes ses données en opendata, donc de manière libre et gratuite. Et donc, finalement, cette complémentarité, elle montre que l'opendata est extrêmement important et doit être généralisé à tous les domaines et pas uniquement la santé, pas uniquement l'épidémie Covid-19". Pour le jeune ingénieur, il n'est pas toujours évident de concilier son activité professionnelle et le développement de ses sites. "La journée, je suis ingénieur data scientist. C'est un métier qui consiste à traiter des masses de données informatiques pour les comprendre et pour apprendre des choses sur des phénomènes. Je suis consultant la journée à plein temps. CovidTracker je travaille dessus bénévolement, en dehors de mon activité principale, donc à la mi-journée, le soir, le week-end et les jours fériés, les vacances et donc tout ça prend quelques heures par jour" souligne Guillaume Rozier.

Avec la fin de l'épidemie, la fin des sites CovidTracker et Vitemadose

Guillaume Rozier se refuse de prédire quelle évolution suivra l'épidémie. Mais il espère en tout cas pouvoir "éteindre" Covidtracker et Vitemadose le plus rapidement possible. "Ça voudrait évidemment dire qu'on a plus de vagues et que l'épidémie est derrière nous. Et puis ensuite, je ne suis pas inquiet sur le fait qu'on trouvera un autre projet dans un autre domaine qui sera, je l'espère, un peu plus positif. On ne peut pas anticiper quelles sont les questions qu'on se posera dans un an, dans deux ans, dans trois ans, mais je pense qu'il y a énormément de choses à faire dans beaucoup de domaines. Je pense aux énergies, au changement climatique, aux transports, à l'économie. Je pense qu'il y a une réserve de choses à faire qui est très importante, qui vont permettre de répondre à des questions que se posent les gens." dit Guillaume Rozier.
Avant de s'octroyer une pause à la fin de l'été, Guillaume Rozier va poursuivre le développement de ses sites dédiés à la crise sanitaire. Depuis qu'il a accédé à la notoriété, le jeune ingénieur a été sollicité à de nombreuses reprises. Il travaille désormais pour une entreprise de conseil informatique français, filiale d'un groupe américain.

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