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Immersion avec les plongeurs démineurs de la Marine nationale

Rencontre avec des plongeurs démineurs de la marine nationale. Leur mission : faire exploser toutes ces mines qui se sont camouflées sous le sable, en mer ou encore cachées dans un bateau. Depuis la Seconde Guerre mondiale, plusieurs tonnes de bombes, de munitions sont enfouies sous le sable, la vase ou encore dans les rochers.

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(Destruction de mines sur la plage de Camaret dans le Finistère © Marine nationale)

En France, on compte trois groupes de Plongeurs Démineurs : Toulon, Cherbourg ou Brest. Immersion avec ces marins spécialisés. C'est en plein cœur de la Force d'Action Navale de Brest, sous les grands blocs de béton de la base sous-marine que m'a donné rendez-vous le lieutenant de Vaisseau Millischer. C'est le commandant en second du GPD, le Groupe de Plongeurs Démineurs de l'Atlantique.

L'équipage est composé de 45 marins. Ils interviennent en plongée autonome entre la surface et 80 mètres de profondeur. Leurs missions : la recherche, l'identification, la classification, et le traitement des engins explosifs.

(Le LV Germain Millischer dans les locaux du GPD de l’Atlantique à Brest © Mikaël Roparz)
Les unités de guerre des mines sont chargées de la sécurisation des chenaux utilisés par les SNLE (sous-marins nucléaires lanceurs d’engins) lors de leurs transits entre leur base de Brest et la haute mer. Elles doivent également, en cas de menace particularisée, être en mesure de maintenir l’accès simultané à un port d’intérêt vital (PIV) et se tenir prêtes à assurer le libre accès aux ports alliés. Elles ont aussi vocation à être projetées au sein d’une force navale nationale ou interalliée lorsque les opérations se déroulent à proximité de côtes plus sensibles au risque “mines”.

(Un petit robot et une tenue d’intervention. Elle peut peser jusqu’à 40 kg ! © Mikaël Roparz)
Pour leurs plongées, ces marins spécialisés utilisent un appareil de plongée spécifique. On l'appelle le CRABE (Complete range autonomous breathing equipment). Par rapport aux autres appareils de plongées classiques, le CRABE à circuit semi-fermé (une partie de l'air est recyclé) fonctionne au mélange de gaz. Son autonomie est de trois heures à 24 m de fond ou encore quinze minutes à 80 m. Sa discrétion magnétique et acoustique le rend moins sensible au système de mise à feu des charges sous-marines. "Il est important pour nous de faire le moins de bruit possible lorsque l’on travaille près d’une mine"  explique le lieutenant de vaisseau Germain Millischer. ‘’Cette munition est ancienne et on considère qu’elle est toujours dangereuse ’’.

(Le "CRABE" appareil de plongée spécifique © Mikaël Roparz)

Plus de munitions que les années passées

 Les plongeurs démineurs des trois GPD embarquent à bord de trois bâtiments de surface, le Styx à Brest, le Vulcain à Cherbourg et le Pluton à Toulon.

(Le Styx, navire des plongeurs démineurs de la Marine nationale à Brest © Marine nationale)

Les menaces sont bien réelles : 20% des mines de la 2nde Guerre Mondiale ont à ce jour été neutralisées et déblayées. On estime qu’il reste environ 550 000 mines à déblayer. ‘’Sur tout le littoral atlantique on a trouvé ces derniers mois plus de munitions que les années précédentes. Cela s’explique par le nombre de tempêtes qui ont balayé toute la façade atlantique cet hiver ’’ raconte le lieutenant de vaisseau Germain Millischer, commandant en second du GPD de l’Atlantique à Brest. 

 

(Une mine récupérée à Crozon dans le Finistère © Marine nationale)
 

 

Le LV Germain Millischer, commandant en second du GPD, le Groupe de Plongeurs Démineurs de l'Atlantique
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(Destruction de mines sur la plage de Camaret dans le Finistère © Marine nationale)