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Quand la France expulsait des diplomates américains accusés d'espionnage (1995)

En février 1995, des fuites révèlent une affaire d'espionnage. Cinq Américains accusés d'espionnage pour le compte de la CIA sont priés de quitter la France. Mais le scandale est ailleurs.

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(L'ambassade américaine place de la Concorde à Paris en 1995 © Charles Platiau/Reuters)

Retour à la fin du mois de février 1995. Une histoire qui date de plusieurs semaines vient d’être rendue publique. La France aurait été espionnée par des diplomates américains, des alliés !

Le ministre de l’Intérieur, Charles Pasqua, a même reçu discrètement l’ambassadrice des Etats-Unis en France, le 26 janvier pour lui signifier la volonté française de voir cinq diplomates américains agissant pour le compte de la CIA quitter le territoire national immédiatement.

Mais ce qui scandalise le Premier ministre Edouard Balladur et son ministre des Affaires étrangères, Alain Juppé, c’est moins l’histoire d’espionnage elle-même que le fait qu’elle soit rendue publique.

Marcel Chalet, l’ancien patron de la DST confirme qu’habituellement le grand public n’en sait rien:

 

"Habituellement, ces affaires se traitent d'une manière plus calfeutrée, disons. Par des explications, des démarches, vigoureuses certes, mais qui restent confidentielles... "

 

Charles Pasqua est également en colère. A Abidjan, le 25 février, il fait une brève déclaration qui va faire beaucoup de bruit :

 

"Nous avons voulu que cette histoire reste dans un cadre de service à service. Je pense que si l'ambassadeur des Etats-Unis avait donné suite à notre demande il y a 15 jours, rien de tout cela ne serait arrivé ".

 

A demi-mot, Pasqua suggère que les Américains sont à l’origine des fuites. Ferme démenti de l’ambassade qui traite le ministre français de "menteur". Et tensions fortes entre Paris et Washington.

Hier comme aujourd’hui, une puissance peut espionner un allié, hier comme aujourd’hui, ce qui semble choquer le plus les espionnés, c’est que cela soit rendu public…

 

(L'ambassade américaine place de la Concorde à Paris en 1995 © Charles Platiau/Reuters)