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Les grandes heures (passées) du Beaujolais Nouveau

Aujourd’hui, c’est l'arrivée du Beaujolais Nouveau. Un moment longtemps essentiel pour ce vignoble. Un âge d'or qui semble aujourd'hui bel et bien terminé.

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Le vignoble du beaujolais à Fleurie, en novembre 2016
Le vignoble du beaujolais à Fleurie, en novembre 2016 (RADIO FRANCE / GUILLAUME GAVEN)

« Une journée sans vin, c’est une journée sans soleil »

C'est en 1951 que né le Beaujolais nouveau, lorsque le Beaujolais obtient une dérogation pour présenter son nouveau millésime non pas au 15 décembre comme les autres appellations contrôlés, mais plus tôt, en novembre.

L’occasion pour le Beaujolais de se démarquer de ses grands frères bien plus prestigieux du Bordelais ou de Bourgogne. Quelle chance en effet de pouvoir vendre le millésime avant les autres sans perdre l’appellation contrôlée…

Après avoir été très sceptiques durant la première décennie, dans les années 1960, les producteurs et surtout les négociants en font un moment festif et surtout commercial majeur. Exemple ici en 1964…

Le Beaujolais 64 a pris contact avec la capitale. La rencontre a eu lieu dans les caves de la Tour Eiffel, rue des Eaux, ce qui était un défi. Le millésime 64 se présente bien. Le Beaujolais souhaite aussi prospecter quelques pays étrangers.

L'âge d'or du Beaujolais Nouveau

C’est une époque que les moins de trente ans ne peuvent pas connaître. Une époque où les publicités pour le vin sont partout. « Une journée sans vin, c’est une journée sans soleil » est l’un des grands slogans publicitaires des années 1960. Mais le vin s’affiche partout, notamment sur les murs des maisons traversées par les routes nationales, à commencer par la route Nationale 7. C’était avant « 2 verres ça, trois verres bonjour les dégâts », avant la loi Evin. Une époque où un chanteur, Jean Constantin, pouvait chanter tout simplement « Le Beaujolais » à la fin des années 1950…

Mais la grande année du Beaujolais Nouveau, le décollage, c’est 1975. René Fallet écrit « Le Beaujolais nouveau est arrivé », ouvrage qui connaît un grand succès, bien aidé par un bon prescripteur originaire de la région…Bernard Pivot.  

Le Beaujolais Nouveau est devenu une véritable institution. En 1985 on fixe le 3ème jeudi de novembre à minuit pour sa présentation. Il devient un phénomène de société, les bars qui se mettent au couleur du Beaujolais et les débats sans fin sur le gout, souvent banane, du vin…

La très rapide dégringolade

Par l’événement, le Beaujolais résiste à la baisse générale de la consommation de vin en France !

En 1998, la moitié de la production du Beaujolais c’est du Beaujolais Nouveau. 1.4 millions d’h dont plus de la moitié est exporté…

Mais cet âge d’or est désormais derrière nous. La production n’atteint pas cette année 100.000 hl ! 14 fois moins en 20 ans. En cause une baisse générale de la production et une demande de vins naturels et de qualité, assez loin de l’image du Beaujolais Nouveau.

Le vignoble du beaujolais à Fleurie, en novembre 2016
Le vignoble du beaujolais à Fleurie, en novembre 2016 (RADIO FRANCE / GUILLAUME GAVEN)