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Histoires d'info. La canicule : de l'insouciance à l'angoisse

Les canicules, fréquentes dans l’histoire, en disent long sur notre rapport à l’environnement.

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Des Parisiens lors d\'une vague de chaleur en juin 1957.
Des Parisiens lors d'une vague de chaleur en juin 1957. (- / AFP)

La canicule elle est presque là et un vent de panique semble nous saisir. Au point même que Météo France en vienne à remettre en cause les prévisions les plus extrêmes. Pourtant, en replongeant dans les archives, on constate que non seulement les épisodes de fortes chaleurs estivales sont fréquents mais que, de fait, le traitement médiatique a profondément évolué avec le temps.

Longtemps, la chaleur a été accueillie avec joie, insouciance, en se moquant gentiment des passants dégoulinants de sueur. Comme à la sortie de la guerre : "Enfin, la chaleur est revenue. Paris est redevenue Paris-Plage et Paris-Slip", entendait-on aux Actualités françaises en juillet 1946.

Paris Plage, Paris Slip, on se baigne dans la Seine sans angoisse et on retrouve ce genre d’archives à chaque vague de chaleur, des années 1940 aux années 1970, avec une première évolution en 1976 quand la sècheresse s’invite et pose évidemment des questions angoissantes pour l’agriculture, mais aussi avec les difficultés des travailleurs.

La prise de conscience du changement climatique

Tout va progressivement changer à la fin des années 1980, quand la prise de conscience du réchauffement climatique causé par les activités humaines dépasse le cercle des scientifiques. À l’été 1988 se tient la conférence de Toronto, au cours de laquelle les chefs d’États et de gouvernement semblent prêts à sortir progressivement du tout carbone. Le GIEC est créé cette même année 1988 et la question s’invite de plus en plus dans les grands médias.

Alors forcément, lors de la vague de chaleur fin juillet 1990, dans le JT d'Antenne 2, à côté des rires et des plongeons dans les piscines, on évoque une question de plus en plus angoissante :

Parlons à présent de la canicule. Mais que se passe-t-il donc ? Le climat de la planète est-il en train de changer ?

Archive du JT d'Antenne 2

La grande référence, c’est la canicule de 2003, l’inquiétude liée au réchauffement climatique est alors bien enracinée. Et les thématiques actuelles étaient déjà largement présentes dans les médias il y a 16 ans. Exemple ici dans le 20 Heures de TF1, en pleine canicule, le 12 août 2003 :

"Selon les prévisions des chercheurs, la température doit augmenter de 3 à 6 degrés d'ici la fin du 21e siècle. Notre été apparaît donc comme une préfiguration de ceux qui arriveront dans les décennies à venir. D'où les appels répétés de la communauté scientifique pour une attitude plus citoyenne des responsables politiques et des individus pour économiser l'énergie et réduire la pollution."

Tout était dit. Un été qui préfigure le climat de demain et un appel à l’action. 16 ans après, dans une ambiance encore plus anxiogène avec la crainte qu’il est déjà trop tard, l’insouciance des canicules du passé appartient à un monde disparu.

Des Parisiens lors d\'une vague de chaleur en juin 1957.
Des Parisiens lors d'une vague de chaleur en juin 1957. (- / AFP)