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Histoires d'info. En Russie, Macron et de Gaulle, même combat ?

Le président russe Vladimir Poutine accueille le président français Emmanuel Macron pour deux jours à Saint-Petersbourg. Parmi les discussions abordées : le nucléaire iranien, la Syrie et l'Ukraine. Une rencontre qui fait penser à celle du Général de Gaulle il y a plus de 50 ans.

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La président de la république Charles de Gaulle en visite à Léningrad (Russie), le 25 juin 1966.
La président de la république Charles de Gaulle en visite à Léningrad (Russie), le 25 juin 1966. (MALYSHEV / RIA NOVOSTI)

En juin 1966, Charles de Gaulle avait passé 11 jours en Union soviétique. Il s'agissait alors du plus long voyage à l’étranger réalisé par le président français. Il avait notamment rendu hommage à l’engagement soviétique pendant la Deuxième guerre mondiale, ce que fera aussi Macron qui rendra lui aussi hommage aux victimes du siège de Leningrad.

Le Général de Gaulle s’était exprimé ainsi : "Je garderai un souvenir inoubliable de l'accueil qui m'a été fait ici." Un journaliste commenté ainsi : "Vive l'amitié entre la France et l'Union soviétique, vive Moscou, vive la Russie, clame donc de Gaulle en russe."

Et il y a aussi évidemment le général de Gaulle qui vient de sortir de l’OTAN, c’était en mars et là il vient en juin en Russie. Lors de ce déplacement, il y a eu une décision de se consulter régulièrement, de travailler avec l’URSS. Aujourd'hui, pour Poutine, l'enjeu est de sortir d’une forme d’isolement. On comprend ainsi pourquoi ce parallèle plairait à la Russie de Poutine.

On est loin d’un parallèle parfait

S’il est vrai que Macron veut, comme de Gaulle, parler à tout le monde et placer la France au centre de l’ordre mondial, une grande puissance en somme, il y a une différence majeure, vraiment majeure ! Le Général de Gaulle, c’est la grandeur de la France, mais dans une Europe intergouvernementale. Là où pour Macron, le grandeur de la France doit passer par une Europe puissance, ce qui déplaît à Poutine. Poutine, c’est celui qui détruit l’Europe, l’idéal européen, le projet européen. Un peu le mariage de la carpe et du lapin, au fond comme avec Trump.

La président de la république Charles de Gaulle en visite à Léningrad (Russie), le 25 juin 1966.
La président de la république Charles de Gaulle en visite à Léningrad (Russie), le 25 juin 1966. (MALYSHEV / RIA NOVOSTI)