Léa, 22 ans : "Cela ne fait même pas 100 ans que les femmes ont le droit de vote, alors il faut aller voter"

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Tous les jours, Manon Mella donne la parole aux jeunes de 18-30 ans. Mardi 5 avril, rencontre avec Léa, 22 ans, photojournaliste et militante féministe. 

Article rédigé par
Manon Mella - franceinfo
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Léa Michaëlis, 22 ans, photojournaliste et militante féministe. (MANON MELLA / FRANCEINFO)

Léa Michaëlis est une photojournaliste et une militante féministe. À 22 ans, elle fait partie du collectif "Collages Féminicides Paris", qui dénonce les violences faites aux femmes en collant des messages féministes sur les murs de l'espace public. Elle n'envisage pas une seule seconde de ne pas aller voter lors du premier tour de l'élection présidentielle, dimanche 10 avril. Selon elle, le droit de vote des femmes est trop récent pour s'en passer.

"On est un peu parisiano-centré concernant les luttes"

Originaire de Salon-de-Provence, l'engagement de Léa est né quand elle s’est installée à Paris. Elle y a rencontré des groupes militants avec qui elle partageait une certaine colère mais aussi des traumatismes en commun. "Dans nos parcours de femmes, de minorités, de genre, on a subi différents types de violences." Léa est une ancienne victime de violences sexuelles et conjugales. Son engagement lui est toujours apparu comme une évidence. 

Session collage par Collages Féminicides Paris novembre 2021, Paris (Léa Michaëlis)

En 2019, Léa a d'abord connu le collectif #NousToutes avant de se rapprocher du mouvement "Collages Féminicides Paris" qu'elle a connu en tombant sur quelques-uns des messages affichés sur les murs. 

Dans la rue, j'ai été directement confrontée à des collages qui m'ont parlés.

Léa, 22 ans

Léa a particulièrement aimé cette approche qui consiste à s'emparer de la rue pour y afficher publiquement des messages que les victimes de violences doivent généralement garder pour elles. "Il faut que nos violences soient reconnues et entendues par les gens qui passent. Cela compte. Ce n'est pas du cas par cas les violences. C'est un vrai problème du système."

La photojournaliste ajoute que le militer à Paris peut donner l'impression que les choses bougent rapidement, à tort selon elle. "Je pense qu'on est un peu parisiano-centré concernant les luttes. Il y a encore des choses qui se jouent dans d'autres endroits en France."

"Je ne me reconnais dans rien d'autre que dans le programme de Jean-Luc Mélenchon"

Léa sait pour qui elle votera lors du premier tour du scrutin, dimanche 10 avril. "Je ne me reconnais dans rien d'autre que dans le programme de Jean-Luc Mélenchon." La militante féministe aurait pourtant aimé voter pour une femme. "C'est vrai que j'aurais aimé me reconnaître à 100% dans le programme d'une femme", déclare-t-elle avant d'ajouter avoir beaucoup cru en Christiane Taubira. 

Léa aurait aussi aimé voter pour des plus petits candidats. "J'aurais voulu voter pour Arthaud ou Poutou mais dans l'urgence, je suis réaliste et trop en colère pour attendre cinq ou même dix ans de plus."

C'est important d'aller voter pour la présidentielle mais il ne faudra pas oublier les législatives où il y a énormément d'abstention.

Léa, 22 ans

"Cela ne fait même pas 100 ans que nous les femmes avons le droit de vote donc même si c'est pour mettre un papier blanc ou déchiré dans l'urne, il faut qu'on aille voter. Je ne passerai pas à côté de ça", conclut Léa.

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