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Anna, 24 ans : "Voter, c'est une question de survie quand on est une personne discriminée"

Tous les jours, Manon Mella donne la parole aux jeunes de 18-30 ans. Mercredi 23 février, rencontre avec Anna, 24 ans, étudiant à Lille.

Article rédigé par franceinfo - Manon Mella
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Publié Mis à jour
Temps de lecture : 2 min
Anna, 24 ans, étudiant à Lille, personne transgenre. (MANON MELLA / FRANCEINFO)

Anna, 24 ans, est étudiant à Lille en master de management de l'innovation et d'études sur le genre. En tant qu'homme transgenre, Anna voudrait que les candidats à l'élection présidentielle défendent davantage ses droits. 

D'après le dernier sondage Ipsos réalisé par la Fédération des associations générales étudiantes, 62% des 18-30 ans trouvent que le sujet de la lutte contre les discriminations n’est pas assez présent dans le débat public.

"On ne parle pas assez des questions des droits des personnes trans"

Pour Anna, qui a commencé sa transition il y a un an, "on ne parle pas assez des questions des droits des personnes trans et LGBT sauf quand on entend Eric Zemmour dire qu'il y a un lobby". Pour l'étudiant de 24 ans, "on n'en parle pas pour les défendre mais pour les attaquer". 

Nos droits sont importants. Tout le monde en bénéficierait.

Anna, 24 ans

Anna regrette que les politiques "ne prennent pas assez leurs responsabilités vis-à-vis de ces sujets qui sont importants." Il ressent une certaine tristesse de ne pas se sentir défendu mais aussi de la crainte vis-à-vis de l'extrême droite. "Dans quel monde on va vivre si jamais ces gens-là sont au pouvoir ?"

L'étudiant souhaiterait que les politiques facilitent le changement d'état civil des personnes transgenres "qui aujourd'hui est un vrai parcours du combattant." Anna aimerait également que la PMA soit ouverte aux hommes trans. Plus généralement, Anna estime qu'il y a tout un travail à faire sur les questions de santé. 

Aller voir un médecin, c'est une angoisse permanente.

Anna, 24 ans

Chez les médecins, Anna évoque la crainte "d'être mal reçu, d'être mégenré ou discriminé parce qu'on prend des hormones ou parce qu'on n'a pas envie de faire certaines opérations.

"Je ne vais pas voter pour quelqu'un mais contre" 

Anciennement élu au conseil national de l’enseignement et de la recherche et militant à la FAGE, Anna a toujours été impliqué dans la lutte contre les discriminations. Pourtant aujourd'hui, la question du vote ne lui semble pas si évidente. "Pour qui je vais voter et pour quoi ? Je ne vais pas voter pour quelqu'un ou pour un programme mais contre.

Pour Anna, voter "c'est une question de survie quand on est une personne discriminée. En tant que personne transgenre, je ne suis pas certain d'être protégé ni que mes droits fondamentaux soient respectés."

Pour l'instant, Anna ne se reconnaît dans aucun programme en particulier. "C'est stressant de voir qu'on ne parle que des polémiques et qu'on ne va pas dans le fond des sujets. Aujourd'hui, je suis plus dans l'objectif de voter contre que de voter pour quelqu'un."

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