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franceinfo junior. Le phénomène Fortnite décrypté par des collégiens

La Coupe du monde de Fortnite vient de commencer avec les premières qualifications. L'occasion de parler du succès de ce jeu, notamment auprès des plus jeunes. Pour en discuter autour du micro de franceinfo junior : des collégiens et Mathias Lavorel, auteur d'ouvrages sur les jeux vidéo.

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(OLIVIER BÉNIS / FRANCE-INTER)

La finale aura lieu fin juillet aux États-Unis devant 20 000 spectateurs et le ou la gagnante empochera trois millions de dollars... En attendant, les premières qualifications se tiennent depuis ce week-end : il s'agit de la Coupe du monde de Fortnite, le jeu vidéo à succès qui compte près de 250 millions d'adeptes dans le monde. Une compétition ouverte aussi aux ados dès 13 ans. L'occasion de nous pencher sur le succès de Fortnite avec des élèves de cinquième du collège Notre-Dame-de-Lourdes à Paris et Mathias Lavorel, auteur notamment de Balade Royale, une fan-fiction qui s’inscrit dans l’univers de ce jeu.

Un jeu en réseau, un univers "cartoon" qui se renouvelle

Et si on commençait par expliquer en quoi consiste le jeu ? Il s'agit de récupérer le maximum d'armes, de matériaux et d'être le dernier joueur en vie dans le jeu, expliquent nos collégiens au micro de franceinfo junior. Mais pourquoi aiment-ils jouer ? Chaque partie est différente et "toutes les semaines, ils font des mises à jour", ce qui permet de ne pas se lasser. Par ailleurs, tout se passe dans un univers un peu "féérique, très beau", expliquent nos jeunes intervieweurs.

Ce que confirme Mathias Lavorel, spécialiste jeux vidéo : "Le mode de jeu qui a fait le succès de Fortnite c'est le battle royal, la bataille royale : le dernier survivant est le meilleur." D'ordinaire, dans ce genre de jeu, l'univers est très "militarisé" mais à l'inverse, dans Fortnite, le cadre est "très bande dessinée, cartoon, c'est très ludique". Fortnite a ainsi une recommandation à la vente à partir de 12 ans, précise-t-il. C'est ce qui explique en partie l'attrait de ce jeu : "Chaque partie est différente (...) Tu as envie d'y revenir pour vivre quelque chose de nouveau. C'est très addictif." Mais le succès vient aussi de la possibilité de jouer en réseau : "Le jeu est devenu un réseau social où les gens se retrouvent entre copains, on s'aide. La deuxième force de Fortnite est d'être disponible sur quasiment toutes les plateformes", raconte le spécialiste jeux vidéo. 

Trois milliards de dollars de bénéfice

Fortnite, c'est un succès immense et donc aussi des recettes... conséquentes. "En 2018, Fortnite a généré trois milliards de dollars de bénéfice, explique Mathias Lavorel. Les joueurs donnent de l'argent : on appelle ça de la cosmétique, pour déguiser son personnage, entre guillemets. C'est une façon de s'identifier." Nos jeunes joueurs-intervieweurs du jour disent donner parfois de l'argent, "de 10 à 30 euros". À quoi cela leur sert-il ? "À être comme tout le monde, à ne pas se dire qu'on est dans notre coin", témoigne l'un des ados. "Les streamers sont des joueurs performants, à qui on veut s'identifier, un peu comme des joueurs de football. Ils se filment en train de jouer avec une 'skin', une apparence particulière. Si on aime cette personne-là, on va vouloir avoir le même personnage que lui." 

Alors en tant que parent par exemple, faut-il craindre ce jeu ? Quels conseils donner pour y jouer sans danger ? "C'est aux parents à mettre une limite, explique Mathias Lavorel, spécialiste des jeux vidéo. C'est important pour les parents qui ne sont pas joueurs de comprendre qu'il faut déterminer la limite avant de jouer : arriver en milieu de partie et éteindre une console, c'est la pire des choses à faire." Sur cette page, vous pouvez écouter notre émission franceinfo junior du jour consacrée à Fortnite, son univers, son attrait auprès des plus jeunes et les questions que pose son succès.

L\'invité du jour a répondu à des questions de collégiens depuis un studio de franceinfo, à Paris. 
L'invité du jour a répondu à des questions de collégiens depuis un studio de franceinfo, à Paris.  (FRANCEINFO / RADIO FRANCE)

(OLIVIER BÉNIS / FRANCE-INTER)