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France Info golf. L'exil pour réussir

Vivre du golf en tant que joueur reste un privilège. Cette réalité se vérifie encore plus pour les femmes. Les joueuses professionnelles sont moins nombreuses et doivent envisager de quitter la France si elles veulent vraiment réussir leur carrière.

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Mathilda Cappeliez
Mathilda Cappeliez (USGA)

72 joueurs français évoluent actuellement dans l'une des trois divisons les plus courantes en Europe, 15 sur le Tour Européen, l'élite du vieux continent, aucun sur le très prisé circuit américain USPGA. Chez les dames, elles ne sont que 34 professionnelles, deux fois moins, quatre sur le circuit américain et 16 sur le LET, le Ladies European tour.


La démographie du golf qui recense 28 % de licenciées femmes, explique en partie cette différence mais pas seulement. Il y a un monde d'écart entre le secteur pro masculin et féminin. Les tournois féminins sont presque deux fois moins nombreux en Europe. Ils sont aussi deux fois moins bien rémunérés. La dotation est par exemple d'un million 200 000 euros pour le plus petit tournoi messieurs et de 250 000 euros chez les dames.

Un partenaire qui veut investir n'a pas de retour

"Un des éléments importants, c'est la médiatisation" explique Maïtena Alsuguren, directrice technique nationale adjointe à la fédération française de golf. "Le fait que les tournois du Tour européen soient télévisés sur des chaînes payantes et ce n'est pas le cas pour les tournois féminins, donc un partenaire qui veut investir sur le circuit féminin n'a pas de retour avec une exposition sur des programmes télévisuels."

 Paradoxalement, la France organise un tournoi du grand chelem, l'Evian Masters, grâce à l'investissement du PDG de Danone, Frank Riboud.
Sur le tour européen, le vainqueur du plus petit tournoi masculin va empocher près de 200 000 euros contre 37 500 chez les dames sur le LET. Ces dernières doivent donc faire très attention à leurs frais fixes, déplacements, hôtels, encadrement technique. Seules les cinq premières arrivent réellement à tirer leur épingle du jeu. L'exil aux États-Unis, où les tournois sont plus nombreux et mieux dotés, semble la seule issue. A 18 ans, Mathilda Cappeliez, une fois le bac en poche, a décidé de partir à l'université de Wake Forest en Caroline du nord en septembre dernier.

Plus de chances aux États-unis

"C'est là où il y a les meilleures joueuses du monde et clairement c'est là où il faut aller" appuie la 33e du classement mondial amateur qui souhaite intégrer le circuit américain."Le golf en général y est beaucoup plus développé. J'adore la France, j'adore l'Europe, c'est triste de quitter ça, mais même si c'est des sacrifices à faire parce qu'on quitte notre famille, là-bas c'est possible d'en vivre. Le fait de débuter jeune, on a plus de chances d'y arriver golfiquement parlant, mais il y a aussi l'entourage, les sponsors, il y a beaucoup de business, beaucoup de marketing, il faut savoir se vendre, pour en vivre, pour gagner de l'argent et il y a beaucoup plus de chances aux États-Unis. En Europe c'est vraiment très dur et je n'imagine pas ça pour moi."  

Mathilda Cappeliez va tenter l'été prochain de passer professionnelle aux États-Unis pour rejoindre Karine Icher, Johanna Klatten, Céline Herbin et Perrine Delacour sur le LPGA.

Mathilda Cappeliez
Mathilda Cappeliez (USGA)