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Le sens de l'accueil à Chicago

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Derrière un job un peu austère, analyste de données pour l'institut Nielsen, Guillaume Labat organise tous les mois un apéro pour les nouveaux arrivants français sur les rives du lac Michigan.
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Radio France
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Ils ne sont que deux, avec son copain Hubert, à animer le site et l'association "French in Chicago". Autant dire que ça turbine du clavier. "On édite une newsletter avec des infos sur la vie quotidienne, explique Guillaume Labat, l'assurance, la banque ou la nourriture. Et une fois par mois, on se rencontre avec les nouveaux Français de Chicago autour d'un verre et d'une crêpe, dans le restaurant d'un ami. Ca aide à s'intégrer plus facilement." Ils sont à chaque fois une trentaine et il y a 2.000 inscrits sur le site. C'est exactement le genre de bon plan que le Landais aurait aimé trouver à son arrivée à Chicago en 2008. "Super-bricoleur", Guillaume a retapé toute sa maison de la cave au grenier, de la cave au plafond, et joue de la perceuse et de la scie sauteuse quand on l'appelle à la rescousse.

Chili con carne

Trois ans plus tard, marié à une Américaine, tout jeune papa, Guillaume travaille au sein d'une équipe de vingt personnes, à compiler des données dans le monde entier pour fournir à ses clients des études de marché. "Aux Etats-Unis, dit-il, on fait totalement confiance à l'employé. On vous donne une mission à accomplir en un temps donné, mais quand et comment vous la faites, on ne veut pas le savoir." Les Américains, ces grands enfants qui "organisent des concours de chili con carne au bureau et viennent travailler en jean uniquement le vendredi" ont séduit le Français. Et la ville aussi : "Chicago a une architecture magnifique. Il n'y a qu'ici qu'on retrouve un mélange de gratte-ciel contemporains et de buildings plus anciens, datant du début du XIXe siècle."  Et puis la proximité du lac Michigan amène une sacrée énergie, surtout l'été. "Dès que les Américains peuvent traduire quelque chose par le sport, ils le font. Ils apprennent ça depuis le plus jeune âge. A l'université, c'est un moyen pour les gens de s'élever dans la société." Sans parler des matches de basket, des shows avec concerts et feux d'artifices. 

Retour à l'organique

Né dans les Landes, Guillaume Labat a passé toute son enfance avec sa mère au Bouscat, de la maternelle à la fin de son IUT de Co Bordeaux. Il est ensuite admis à l'école de commerce (ESC) de Clermont-Ferrand puis découvre Chicago grâce un stage et à son frère qui vit déjà là-bas. Il y rencontre déjà sa future épouse. "Au départ, se souvient-il, j'ai fait des petits boulots comme donner des cours de cuisine. Puis j'ai été embauché au département talkiewalkies de Motorola et enfin chez Nielsen." Le couple s'installe à "West Bucktown", dans le nord-ouest de Chicago, un ancien quartier porto-ricain devenu branché, où les restos surfent sur le retour à la nature, à l'organique et à l'essentiel en somme. A 29 ans, Guillaume ne jure pas qu'il finira ses jours à Chicago. "On ira peut-être s'installer dans le Sud-Ouest quelques années, pour faire connaître à notre fille ces racines-là, les férias dans les villages, par exemple, qu'il n'y a pas ici. Et puis jusqu'au bac, le système d'éducation américain est bien moins performant qu'en France." C'est dit.

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Aller plus loin

L'association French in Chicago

Retrouvez cette chronique dans le magazine régional d'informations "Objectif Aquitaine"

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