Cet article date de plus de dix ans.

Le pétrole, nouvel or noir pour la Saskatchewan

écouter (5min)
Article rédigé par
Radio France
Publié Mis à jour
Temps de lecture : 2 min.
 (©)

Et pourquoi pas la Saskatchewan ? Lorsque Françoise Stoppa, 21 ans à l'époque, reçoit le feu vert de l'Université de Regina, nous sommes en 1970, pour aller passer une année au Canada, après sa licence d'anglais à Tours, elle ne savait pas trop où elle mettait les pieds, dans cette province d'Amérique du Nord, coincée entre l'Alberta, le Manitoba et les Etats-Unis. " J'ai eu des difficultés à m’adapter, ce n'était pas évident, la différence était très grande avec la France : on est perdu en plein milieu du continent, avec de grandes plaines à blé, l'équivalent du "Mid West" américain, très plat, des prairies à perte de vue, avec quelques fermes par ci par là. Regina, à l’époque, était une petite ville en milieu agricole, plus grande que Bourges, mais avec l’impression de campagne. A Noël, j'ai failli rentrer en France et ne pas revenir, mais un des professeurs de l’Université m’a convaincue de rester. " Et cela fait 36 ans que ça dure ! Les doutes des débuts ont disparu. Entretemps, il faut dire que Françoise a rencontré son mari au Canada. Après avoir enseigné, elle est aujourd'hui traductrice à l'Université de Regina, la capitale de la Saskatchewan, province anglophone, où le français a bien du mal à se faire une place. " En Saskatchewan, la communauté «Françaskoise» », représente à peine 1% de la population, on essaie de donner de l’élan, de revitaliser le français. Les francophones ici sont des Français, des Belges, beaucoup viennent d'Afrique, des Roumains, du Québec et d'Acadie. " Au départ tournée vers l'agriculture, la Saskatchewan regorge de ressources minières. Premier producteur au monde de potasse, de graines de moutarde, on y exploite aussi l'uranium dans le nord, et depuis quelque temps, le pétrole. Du coup, les prix s'envolent, d'autant que les Canadiens de l'Alberta voisine, où les tarifs atteignent depuis longtemps des sommets, viennent à leur tour s'installer en Saskatchewan. " D’un seul coup, le coût de la vie devient trop élevé pour le Canadien moyen en Alberta, les maisons sont inaccessibles, le marché bouché. La Saskatchewan tente d’attirer le surplus. Le prix des maisons a augmenté de 48% à Saskatoon en un an, de 24% à Regina. Françoise et son mari, employé dans un laboratoire de la protection des récoltes, ont deux enfants, qui vivent avec eux, au Canada. Leur fils de 27 ans travaille dans la restauration. Sa soeur vient de décrocher un diplôme en langues étrangères, sur les traces de sa mère, en somme. Son rêve, à elle, c'est d'entrer aux Nations unies d'ici 5 ans.

Aller plus loin

Lui écrire

Vivre à l'Etranger le magazine européen de la mobilité internationale

L'Université de Regina (Saskatchewan)

Commentaires

Connectez-vous à votre compte franceinfo pour participer à la conversation.