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Français du monde. Les frontaliers du Luxembourg au bord de l'asphyxie

Les salaires du Grand-Duché, où se rend Emmanuel Macron jeudi prochain, attirent toujours plus de travailleurs étrangers, mais les infrastructures routières et ferroviaires sont complètement saturées. 

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. (WINFRIED ROTHERMEL / PICTURE ALLIANCE)

Son économie est plus que florissante, ses salaires record, d’après l’OCDE, plus de 50 000 euros par an en moyenne, 46% de plus qu’en France ! Bref, le Grand-Duché a de quoi séduire !

Des Français, mais aussi des belges et des Allemands. L’an dernier, les employeurs du Luxembourg ont versé 11 milliards d'euros aux travailleurs frontaliers, ce qui fait du Grand-Duché le troisième pays de destination en Europe, selon Eurostat, juste derrière l'Allemagne et la Suisse. Encore selon l’Institut national de la statistique luxembourgeois, la France fournit 52%, plus de la moitié, de ce contingent de 182 000 frontaliers…  

Tarifs stratosphériques

Chaque jour arrive donc un flot d’étrangers, expatriés à la journée, qui viennent travailler dans le pays. Y travailler seulement car vu les tarifs stratosphériques de l’immobilier au Luxembourg, peu ont la chance de pouvoir s’y installer. A 730 000 euros en moyenne, le prix d'une maison y est trois fois plus élevé qu’en Lorraine limitrophe ! A la location, comptez plus de 2 000 euros, charges comprises, pour un appartement de 80 m2.

Avantages : au Luxembourg, ni taxe foncière, ni taxe d’habitation. Voilà qui donne un peu d’oxygène au budget des rares ménages français à y vivre à plein temps. Tous saluent la qualité de la vie et le sentiment de sécurité qui y règne.

Il y a de belles balades à faire ici, dans la forêt dense des Ardennes et les parcs naturels au nord, les gorges rocheuses de la région Mullerthal à l'est et la vallée de la Moselle au sud-est. Luxembourg, la capitale, est réputée pour sa vieille ville médiévale fortifiée perchée sur des falaises abruptes.    

Croissance exponentielle

Revers de la médaille : les infrastructures sont au bord de l’implosion et de la thrombose : aussi bien les routes et autoroutes que la seule ligne TER qui relie la France au Luxembourg, et que 12 000 voyageurs empruntent chaque jour, dans un sens le matin, dans l’autre le soir.

Résultat : il faut aujourd’hui environ 1h15 pour parcourir les 72 km qui séparent par exemple Metz du quartier d'affaires du Kirchberg, dans la capitale luxembourgeoise, contre 45 minutes il y a cinq ans. Des travaux d'un montant de 292 millions d'euros sont en cours côté Luxembourg pour doubler les voies entre Bettembourg (sud) et la frontière française, mais le retard sera difficile à rattraper, d’autant que ces équipements n’ont jamais été prévus pour absorber un tel trafic à la croissance exponentielle.

Allongement des quais, renforcement de l'alimentation électrique, mise en place de rames de plus forte capacité : en mars dernier, le Grand-Duché annonçait qu'il injecterait 110 millions d'euros supplémentaires dans le rail vers la France. L'objectif est de multiplier par 2,5 le nombre d'usagers du TER d'ici à 2030.

Aller plus loin 

Retrouvez cette chronique dans le Journal des Français à l'étranger, nouveau magazine et site internet dédié à l'expatriation

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. (WINFRIED ROTHERMEL / PICTURE ALLIANCE)