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Français du monde. Cultures mixées en Nouvelle-Calédonie

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A deux ans au plus tard, du référendum d'autodétermination en Nouvelle-Calédonie, comment se mélangent ou pas les cultures présentes sur l’archipel du Pacifique ? Portrait de Cyril Pigeau, Français de La Rochelle, conseiller culturel, installé depuis des années sur le Caillou.

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Radio France
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Cyril Pigeau chez lui à Boulouparis, devant le Pacifique "à la saison, on voit passer les baleines" (Emmanuel Langlois)

Un territoire, deux cultures

La Nouvelle-Calédonie est un archipel "toucouleur", entre Européens, Kanaks et reste du monde. La différence n'est pas qu'une couleur de peau. Cyril Pigeau est consultant culturel. Son travail est sur le terrain, dans la brousse, Il monte avec les tribus des projets comme la construction d'une médiathèque ou la création d'un festival. La reconnaissance de la culture kanake était la première revendication des indépendantistes avant les accords de Matignon en 1988 :
"Au-delà des institutions, comme le centre Jean-Marie Tjibaou à Nouméa, l'un des enjeux du pays, c'était que les Kanaks et les autres communautés vivant ici puissent plus librement valoriser et rendre visibles toutes ces facettes culturelles."

Une plage dans les environs de Boulouparis. " La culture océanienne est beaucoup plus ancrée dans l'espace extérieur. " (Emmanuel Langlois)

Chaque commune de l'archipel a sa tribu

Il faut beaucoup de temps et de rencontres pour comprendre comment fonctionne cette organisation singulière : "La culture océanienne est beaucoup plus ancrée dans l'espace extérieur, les champs, les rivières, les montagnes, les rochers, les îlots. Peu d'artistes océaniens se disent spécialistes de ci ou de ça, que musicien, que sculpteur, ils vont avoir plusieurs cordes à leur arc."

Ici, dans le Pacifique, on dit aussi que la mer ne sépare pas les îles, mais les rapproche. En 2016, les Kanaks sont connectés : "On a des jeunes qui pratiquent le hip-hop, le rap. Ils sont héritiers de pratiques qui viennent de leur culture océanienne et de plain-pied dans le monde d'aujourd'hui, avec les nouvelles technologies, les portables, Facebook à fond."

Sa maison traditionnelle de Boulouparis avec vue à 180° sur le Pacifique en contrebas (Emmanuel Langlois)

Antipodes

Cyril Pigeau est né à La Rochelle, qu'il a quittée à 28 ans pour faire le tour du monde. L'aventure dure trois ans. En Casamance en pleine guerre, il tente de créer le dialogue entre artistes africains et enfants des écoles. Diplômé en histoire de l'art et en archéologie, il jette l'ancre à Nouméa, et vit quelques années sur son bateau : "Symboliquement, témoigne-t-il, ici c'est les antipodes. Si on part de Nouvelle-Calédonie, dans un sens ou dans un autre, on commence à revenir vers la métropole. A un moment donné, il y a un enracinement aux antipodes."

 Cyril Pigeau a commencé par travailler pendant sept ans au service culture de la mairie de Nouméa. Plusieurs compagnies aériennes proposent des a/r quotidiens entre Paris et Nouméa, comme la compagnie calédonienne Aircalin, grâce à son partenariat avec Air France.

Des enfants dans une tribu du centre de la Nouvelle-Calédonie. " Les jeunes sont de plain-pied dans le monde d'aujourd'hui. "
 (Emmanuel Langlois)

Sa structure s'appelle "Cultures en chantier"

Cyril vit aujourd'hui avec son compagnon à Boulouparis, à une heure de route au nord de la ville, dans une maison en bois sans porte ni volet, ouverte sur le monde et sur le Pacifique en contrebas. "C'est un pays broussard, décrit-il. Ici, on vit de l'élevage. Il y a de très grosses exploitations, comme en Australie. Les gens sont des cow-boys, au sens vrai, qui vivent sur leurs chevaux, sous le soleil à s'occuper de leurs animaux." 

La Nouvelle-Calédonie, c'est deux fois la taille de la Corse, un peu moins de 300.000 habitants et un des plus beaux lagons au monde. Cyril n'a plus de bateau à lui mais quand c'est la saison où tortues et baleines passent au large, il y a toujours le voilier d'un copain au mouillage pour aller admirer le spectacle de plus près.

Lui écrire

La beauté paradisiaque de l'île des Pins en Nouvelle-Calédonie. " Symboliquement, ici c'est les antipodes. Si on part, on commence à revenir vers la métropole. " (Emmanuel Langlois)

Aller plus loin

Son site internet Cultures en chantier

Aller en Nouvelle-Calédonie avec Aircalin. La compagnie propose des liaisons quotidiennes Paris-Nouméa grâce à son partenariat établi avec le groupe Air France/KLM. Au départ de Nouméa, le réseau Aircalin couvre plusieurs destinations dans la zone Pacifique: Brisbane, Sydney, Melbourne (Australie), Osaka, Tokyo (Japon), Auckland (Nouvelle-Zélande), Fidji, Vanuatu, Tahiti et Wallis & Futuna. Tarifs à partir de 1.458 euros en classe économique (renseignements : 0826.621.320)

La compagnie calédonienne AirCalin propose des vols quotidiens entre Paris et Nouméa (DR)

Aller en Nouvelle-Calédonie avec Nouvelle-Calédonie Tourisme. A 17.000 km de la France, à l’est de l’Australie, peuplée de 245.000 habitants, la Nouvelle-Calédonie se compose d’une terre principale de 450 km de long, entourée des îles Loyauté à l’est (Ouvéa, Lifou, Maré), de l’archipel des Bélep au nord et de l’île des Pins au sud.

Une impression de forêt amazonienne en plein Pacifique! (Ici, l'intérieur de l'île des Pins). " Un moment donné, il y a un enracinement. " (Emmanuel Langlois)

Retrouvez ce portait dans le magazine régional d'information Objectif Aquitaine / La Tribune

Carnet de voyage en Nouvelle-Calédonie par Solune, le globe-trotter musical

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