Cet article date de plus de sept ans.

Expliquez-nous... la Troika

écouter (453605min)
Le nouveau Premier ministre grec, Alexis Tsipras et son ministre des Finances Yanis Varoufakis poursuivent leur tournée des capitales européennes pour convaincre leurs partenaires du besoin d'alléger la dette de la Grèce. Alexis Tsipras veut que son pays sorte de ce programme d’assistance internationale imposé par la "troika" : FMI, BCE et Commission Européenne.
Article rédigé par
Radio France
Publié Mis à jour
Temps de lecture : 2 min.
 (Alexis Tsipras, Premier ministre (à gauche) et  Yanis Varoufakis, ministre des finances (à droite) © Sipa Press)

D'abord une troïka est un mot russe qui désigne généralement un ensemble de trois choses. Au sens premier il est utilisé pour désigner ces attelages emmenés par tois chevaux. Plus largement ce mot definit aujourd'hui la réunion de trois parties pour peser dans une négociation par exemple. 

La troïka dont on parle est celle qui réunit la Commission européenne, la Banque centrale européenne et le Fonds monétaire international. Les représentants de ces trois institutions sont des experts financiers de haut niveau ou des banquiers.Ce sont eux qui en 2010 ont dressé l'état des lieux des finances publiques grecques et établi le plan de refinancement du pays conditionné à des mesures d’austérités exceptionnelles.Depuis ces experts surveillent les réformes budgétaires, le plan de privatisation en échange de l'aide européenne. Une présence régulière souvent sous protection policière. Avant les élections grecques, les derniers rendez-vous de la troïka ont même dû être déplacés.   

La Grèce veut  donc renégocier sa dette

Et c'est cette troika qui  a imposé les mesures les plus dures à Athènes en échange de son aide. Cette troika est donc devenue en Grèce le symbole désigné de l'humiliation infligé au peuple. Pour toute la gauche de la gauche européenne, cette troika est la conséquence naturelle d'une politique Ultralibérale à combattre. Ce qui explique les attaques contre ces experts  . Parmi les arguments d'Alexis Tsipras et de son ministre des Finances Yanis Varoufakis : le manque de transparence et les méthodes de travail de ces experts technocrates. En mars dernier, le parlement européen s'était étonné lui aussi du manque de contrôle démocratique. Cette organe a été crée un peu à la va-vite et en dehors des traités. Dans une deuxième résolution, les députés européens soulignaient également les impacts négatifs du travail de la troïka sur l'emploi et demandaient une révision des mesures. Les hommes en noir, c'est ainsi que l'on surnomme ces experts de la troika ne se sont guère montrés très compréhensifs quand à l'impact social des mesures imposées.   Cette Troika est toujours en vigueur. Elle est toujours censée accompagner le plan d'aide à la Grèce, mais elle a du plomb dans l'aile: D'abord parce que la Banque centrale européenne semblerait prête à en sortir, on va dire, pour des raisons très techniques, parce que Jean-Claude Juncker le président de la Commisssion, lui même, disait il y a quelques mois qu'il faudrait trouver une structure plus légitime sur le plan démocratique. Reste l'Allemagne et les pays du nord de l'Europe en général plutot partisans de cette troika et du travail qu'elle a réalisé.     

Commentaires

Connectez-vous à votre compte franceinfo pour participer à la conversation.