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Expliquez-nous... La rivalité historique et régionale entre l'Iran et l'Arabie Saoudite

Alors qu'Emmanuel Macron revient d'une visite surprise en Arabie Saoudite, sur fond de tensions entre Ryad et Téhéran, franceinfo s'arrête sur les rivalités, à fortes ramifications régionales, entre l'Arabie Saoudite et l'Iran.

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Emilie GautreaufranceinfoRadio France

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Un quartier détruit de Sanaa, capitale du Yémen, en proie à un conflit meurtrier où Iran et Arabie Saoudite soutiennent des camps opposés. 
Un quartier détruit de Sanaa, capitale du Yémen, en proie à un conflit meurtrier où Iran et Arabie Saoudite soutiennent des camps opposés.  (CITIZENSIDE/BELAL ALSHAQAQI / CITIZENSIDE)

La rivalité entre l'Arabie Saoudite et l'Iran ne date pas de la rupture par Ryad en janvier 2016 des liens diplomatiques après le saccage de son ambassade à Téhéran.

L'affrontement entre les deux puissances du Moyen Orient pour devenir le grand leader dans la région a une trentaine d'années.
L'un des axes de la révolution islamique de 1979 en Iran était d'exporter la révolution chiite dans le monde musulman, là où l'Arabie Saoudite se posait en leader de l'islam sunnite. Une rivalité religieuse séculaire devenue politique et stratégique, alimentée par les craintes saoudiennes face au développement du programme nucléaire militaire iranien.

Une rivalité à fortes ramifications régionales

Depuis, la guerre d'influence, la course au leadership régional, n'ont jamais cessé et se sont souvent traduites par des conflits indirects:

- En Irak durant la guerre Iran-Irak (L'Irak était soutenu financièrement par l'Arabie Saoudite).
- Au Liban: Soutien de l'Iran au Hezbollah. 
- En Syrie, où l'Iran est le principal soutien régional de Bachar el Assad alors que l'Arabie Saoudite soutient certains groupes rebelles. 
- Au Bahreïn, où une population à majorité chiite est dirigée par une dynastie sunnite proche de l'Arabie Saoudite qui accuse l'Iran d'ingérence. 
- Et dans la guerre au Yémen où l'Iran soutient la rébellion des Houtis face à une coalition menée par l'Arabie Saoudite.

Les développements récents au Liban et au Yémen

Le Liban a samedi dernier été marqué par la démission du premier ministre Saad Hariri, annoncée à la télévision, d'Arabie Saoudite et justifiée par "l'ingérence de l'Iran dans les affaires de son pays et d'autres Etats de la région". Cette déclaration aurait, selon certains membres du gouvernement libanais, été dictée par l'Arabie Saoudite où, disent-ils, Saad Hariri serait retenu contre son gré...

Au Yémen, Iran et Arabie Saoudite soutiennent des camps opposés, avec d'un côté les rebelles houtis (groupe armé dont les membres appartiennent à une branche de l'islam chiite, le zaïdisme et sont accusés d'être appuyés par l'Iran), de l'autre les forces anti-houtis alliées à la coalition de pays sunnites menée par l'Arabie Saoudite.

L'Arabie Saoudite a avant-hier accusé l'Iran "d'agression directe" après le tir d'un missile en direction de l'aéroport international de Ryad par des rebelles houtis, ce que Téhéran a démenti.

Cette guerre au Yémen a, depuis mars 2015, fait près de 8700 morts et plus de 58.000 blessés et a entrainé, selon l'ONU, "la pire crise humanitaire au monde".

Un quartier détruit de Sanaa, capitale du Yémen, en proie à un conflit meurtrier où Iran et Arabie Saoudite soutiennent des camps opposés. 
Un quartier détruit de Sanaa, capitale du Yémen, en proie à un conflit meurtrier où Iran et Arabie Saoudite soutiennent des camps opposés.  (CITIZENSIDE/BELAL ALSHAQAQI / CITIZENSIDE)