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Expliquez-nous... L'évolution des compagnies aériennes à bas coût

Alors que débutent les premiers vols de Joon, la nouvelle compagnie aérienne à prix réduits lancée par Air France, focus de franceinfo sur les compagnies à bas coût et leur évolution. 

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Les compagnies à bas coût représentent désormais 43% du marché européen, un tiers du trafic français.
Les compagnies à bas coût représentent désormais 43% du marché européen, un tiers du trafic français. (LUDOVIC MARIN / AFP)

Le modèle de compagnie aérienne à bas coût a été inventé aux Etats-Unis au milieu des années 70 par Southwest Airlines et est arrivé en Europe dans les années 90, avec d'abord l'Irlandaise Ryanair, puis la Britannique Easyjet.

En 1997, s'achève la libéralisation de l'espace aérien européen, avec pour les compagnies, l'accès possible au marché intérieur de chaque Etat. De très nombreuses compagnies à bas prix se développent alors, ce qui pousse les compagnies traditionnelles à lancer leurs propres filiales de ce type: Transavia, filiale d'Airfrance-KLM, Germanwings filiale de Lufthansa, entre autres.

Un même mode de fonctionnement et un succès commercial indéniable... 

Le modèle économique est à chaque fois le même: réduire au maximum les coûts pour pouvoir proposer les prix les plus bas possibles, en faisant payer boissons, collations et transport des bagages, en utilisant un seul type d'avion pour faire baisser les frais de gestion et de maintenance, en ayant recours à des équipes réduites aux salaires plus faibles, ou, comme le fait Ryanair à des aéroports secondaires pour faire tourner plus d'avions.

Les compagnies à bas prix représentent désormais en Europe 43% de part de marché sur le court et le moyen courrier, un tiers du trafic aéroportuaire en France.

L'an dernier dans le monde, plus d'un milliard de passagers ont été transportés par des low cost et les principaux acteurs du secteur en Europe -Ryanair, Easyjet, Norwegian- ont affiché des records de trafic.

Mais une recomposition du secteur qui amène les compagnies à bas prix à évoluer elles aussi

Dans ce paysage en recomposition, de nombreuses compagnies ont souffert ces derniers mois: l'Italienne Alitalia cherche un repreneur, l'Allemande Airberlin a disparu en octobre, la Britannique Monarch a fait faillite. Les compagnies à bas prix commencent elles aussi à subir les effets de la concurence, auxquels s'ajoutent parfois d'autres difficultés: crise chez Ryanair contrainte d'annuler des milliers de vols sur fond de départs de pilotes contestant leurs conditions de travail; repli du bénéfice d'Easyjet lié au Brexit et à la baisse de la livre sterling.

Pour résister à la concurrence, Easyjet a, assez tôt, diversifié son offre en montant en gamme et en s'adaptant, avec succès, à la clientèle d'affaires.

Le low cost commence aussi à se développer sur le long courrier, comme le fait déjà à Paris Norwegian et comme va bientôt le faire au départ d'Orly, Level, nouvelle compagnie à bas coût du puissant groupe IAG, maison mère de British Airways et d'Iberia -avec des prix d'appel l'été prochain à 99 euros pour un aller simple Paris-Montreal, 129 euros pour un Paris-New York.

Pour beaucoup d'observateurs on assiste à une hybridation, un rapprochement des modèles: les compagnies traditionnelles s'inspirent du modèle low-cost pour réduire leurs coûts, les compagnies à bas prix proposent de plus en plus de services destinés à la classe affaires, incontournables sur les longues distances.

Les compagnies à bas coût représentent désormais 43% du marché européen, un tiers du trafic français.
Les compagnies à bas coût représentent désormais 43% du marché européen, un tiers du trafic français. (LUDOVIC MARIN / AFP)