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Meurtres inexpliqués de femmes : le Canada lance une enquête publique

Depuis 30 ans, plus de 1200 femmes ont été tuées ou sont portées disparues dans les communautés inuit, amérindienne et métis. C'est bien plus que la moyenne nationale.

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(Des aborigènes activistes prient pour les femmes autochtones disparues ou assassinées, Ottawa, février 2015. © Chris Wattie/Reuters)

Le mystère pourrait donc être totalement élucidé grâce à cette commission d'enquête lancée par le nouveau gouvernement libéral de Justin Trudeau, après des années de refus.

Les ministres de la condition autochtones, des affaires indiennes, et de la justice ont déjà rencontré des proches de ces femmes assassinées ou disparues pour comprendre ce qu’ils attendent d’une telle enquête publique. Jusqu'à maintenant, beaucoup de familles déploraient des enquêtes policières bâclées.

Moins de risque en s'attaquant à une population vulnérable

Pour les experts, cette violence contre les femmes beaucoup plus marquée au sein des communautés autochtones a des racines sociales profondes. Au Canada, les Amérindiens et les Inuits vivent dans un contexte très différent de celui du reste des citoyens: pénurie de logement en bon état, pauvreté, problèmes de santé chroniques, chômage, faible éducation.

Le risque de dépendance à l’alcool ou aux drogues est aussi plus fort. Toutes ces conditions contribuent à des forts taux de violence conjugale et poussent aussi les jeunes filles à quitter très jeunes leur village.

Plusieurs ont ainsi disparu en partant en stop rejoindre des grandes villes, ou ont été victimes de tueurs qui savaient très bien qu’ils couraient moins de risque en s’attaquant à une population vulnérable.

(Des aborigènes activistes prient pour les femmes autochtones disparues ou assassinées, Ottawa, février 2015. © Chris Wattie/Reuters)