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La Finlande et l'Estonie relancent leur projet de tunnel ferroviaire sous-marin

Les deux pays vont relancer leur coopération sur leur projet commun de construction d'un tunnel ferroviaire de 100 kilomètres de long sous la mer Baltique, un projet énorme, qui a déjà été évoqué il y a plusieurs années.

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Vue aérienne du port d\'Helsinki, en Finlande, en juin 2006 (illustration).
Vue aérienne du port d'Helsinki, en Finlande, en juin 2006 (illustration). (PEKKA SAKKI / LEHTIKUVA)

En Europe du Nord, la carte des transports pourrait être bientôt enrichie d’un nouveau tunnel ferroviaire de tous les records. C’est celui qui relierait Tallin, la capitale de l’Estonie, à Helsinki, celle de la Finlande, en passant sous le golfe de Finlande.

C’est d’abord une évidence pour les habitants qui vivent autour de cette zone. La seule chose qui sépare les deux villes, Helsinki et Tallinn, c’est un bras de mer qui fait 80 kilomètres de large et que l’on traverse aujourd’hui en une heure et demi de ferry. Les deux pays appartiennent à l’Union européenne, les deux font même partie de la zone euro. Et pourtant la seule liaison terrestre qui les relie passe aujourd’hui par la Russie et Saint-Pétersbourg. Cela fait un détour de 750 kilomètres, en plus des problèmes de douanes et de la Russie qui peut fermer sa frontière quand elle veut.

Le tunnel doit relier Helsinki et Tallinn.
Le tunnel doit relier Helsinki et Tallinn. (GOOGLE MAPS)

Pour la Finlande, l’intérêt de ce tunnel est donc économique, car il permettrait de relier le pays à toute l’Europe centrale et au réseau ferré de grande vitesse européen. Pour l’Estonie et les autres pays baltes, il est aussi politique, car c’est un moyen de diminuer la dépendance vis-à-vis de la Russie en étant relie à l’Union européenne par le sud, c’est déjà le cas, et donc bientôt par le nord, via la Finlande.

Un chantier titanesque

Depuis 2008 et les premières discussions, le projet avance. La première étude de faisabilité a été rendue publique en 2015. Les deux villes d’Helsinki et de Tallin, qui au début ont porté ce projet, sont aujourd’hui rejointes par les gouvernements. Le 26 avril dernier, Finlande et Estonie ont signé un protocole d’accord sur les transports qui leur permettra de recevoir des financements européens. Il y en aura bien besoin, car c’est un chantier pharaonique : ce futur tunnel sera deux fois plus long que le tunnel sous la manche, avec un budget qu’on estime déjà à 20 milliards d’euros.

On ne sait pas encore d’où viendra cette somme d'argent, et c’est tout le problème. Quand vous regardez les ouvrages comparables, on ne s’est pas trop posé la question de leur rentabilité. Le tunnel sous la Manche, par exemple, relie la Grande-Bretagne au continent européen, deux marchés considérables. Le pont-tunnel de Malmö-Copenhague joue le même rôle entre l’Europe et toute la Scandinavie. Ce nouveau tunnel, lui, permettrait de désenclaver la Finlande, mais c’est un pays de seulement cinq millions d’habitants et c’est aussi le terminus de la ligne. Plus au nord il n’y a plus rien, c’est l’océan Arctique. Les plus optimistes pariaient sur une ouverture de la nouvelle liaison dès décembre 2024, mais on sait maintenant qu’il faudra sûrement attendre quelques années de plus.

Vue aérienne du port d\'Helsinki, en Finlande, en juin 2006 (illustration).
Vue aérienne du port d'Helsinki, en Finlande, en juin 2006 (illustration). (PEKKA SAKKI / LEHTIKUVA)