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En Pologne, les enseignants en grève illimitée pour 30% de hausse de salaire

Le mouvement, à partir de lundi, concentre la colère des professeurs qui travaillent en moyenne plus de 47 heures par semaine. 

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Des enseignants en grève manifestent à Varsovie (Pologne) pour de meilleurs salaires le 18 avril 2015 (illustration).
Des enseignants en grève manifestent à Varsovie (Pologne) pour de meilleurs salaires le 18 avril 2015 (illustration). (TOMASZ GZELL / MAXPPP)

En Pologne, de nombreuses écoles sont à l’arrêt à partir de lundi 8 avril. C'est le début d’une grève illimitée des professeurs, la plus importante depuis 1993. Plus de 85 % des écoles sont touchées par le mouvement. Les enseignants polonais réclament une hausse de 30 % de leur salaire. 

Des rémunérations en deçà du salaire moyen

En moyenne, un jeune professeur gagne 600 euros brut. Un enseigant, plus proche de la retraite, peut être rémunéré jusqu’à 800 euros brut. Les enseignants polonais font ainsi partie des moins bien payés de l’Union européenne, avec leurs homologues hongrois et slovaques et ils se situent bien en-dessous du salaire moyen polonais. Il approche cette année des 1 100 euros brut. Et ces professeurs travaillent beaucoup. "J’ai entre trois et huit heures de cours par jour. Entre les cours, je surveille les enfants, je discute avec eux. J’ai aussi trois cours supplémentaires, pour lesquels je ne suis pas payée, explique Judyta Rudnicka qui enseigne l'anglais dans une école primaire de Varsovie. Puis je rentre chez moi et je réponds aux mails de tous les parents. Je prépare les prochains cours, je corrige les contrôles, les évaluations.

Je travaille bien plus que huit heures par jour.

Judyta Rudnicka, enseignante

à franceinfo

En moyenne, un professeur polonais travaille 47 heures par semaine, selon un institut de recherche dans l’éducation.  

Une menace plane sur l’organisation des examens 

Les enseignants promettent de poursuivre le mouvement illimité tant qu’ils n’auront pas obtenu l’augmentation de 30 % de leur salaire. Or, mercredi 10 avril doit débuter l’examen du brevet des collèges. Sans professeurs pour la surveillance, il sera impossible de faire plancher les élèves. De quoi mettre la pression sur le gouvernement, mais aussi susciter la colère des parents d’élèves. Certains pourtant, soutiennent les enseignants, comme Elzbieta Kielak, mère de deux enfants. "Il y a eu une grève il y a deux ans, quand la dernière grande réforme de l’éducation a été introduite. Et rien ne s’est passé, les enseignants n’ont rien obtenu. Donc c’est le seul moyen pour que le gouvernement les entende", affirme-t-elle.

Si la grève était organisée à un autre moment de l’année, personne n’écouterait. Et les parents avec qui j’ai discuté comprennent cette grève.

Elzbieta Kielak, mère de famille

à franceinfo

Par solidarité, les institutions culturelles, des théâtres, des universités, proposent d’accueillir les enfants durant la grève.  

Le gouvernement a fait des propositions 

Il s’est dit prêt à quelques concessions budgétaires, insuffisantes par rapport aux demandes des professeurs et de leur principal syndicat. Ce qui les met en colère, c’est que le gouvernement dit qu’il n’y a pas assez d’argent dans les caisses. Pourtant, depuis quelques semaines, le parti au pouvoir, Droit et Justice (PiS), multiplie les cadeaux avant les élections européennes. Tous les retraités vont par exemple recevoir une pension exceptionnelle de 260 euros le mois prochain. Et le PiS promet d’étendre les allocations familiales dès le premier enfant.

Des enseignants en grève manifestent à Varsovie (Pologne) pour de meilleurs salaires le 18 avril 2015 (illustration).
Des enseignants en grève manifestent à Varsovie (Pologne) pour de meilleurs salaires le 18 avril 2015 (illustration). (TOMASZ GZELL / MAXPPP)