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En Islande, des sociétés à l’amende pour favoriser l'égalité des salaires entre les hommes et les femmes

Depuis le 1er janvier, toutes les entreprises islandaises de plus 25 salariés doivent prouver, qu’à travail égal, hommes et femmes perçoivent la même rémunération. Un organisme est chargé de leur délivrer un certificat de conformité pour trois ans.

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Une femme islandaise lors de l\'Euro 2016 en France, le 18 juin 2016.
Une femme islandaise lors de l'Euro 2016 en France, le 18 juin 2016. (BORIS HORVAT / AFP)

La mesure islandaise pour favoriser l'égalité salariale homme-femme a été mise en place le 1er janvier 2018. Depuis cette date, ce ne sont plus aux salarié(e)s de démontrer qu’il existe des discriminations en fonction de leur sexe, mais aux entreprises de prouver que si écart de salaire il y a, ce n’est pas dû au genre. Les sociétés islandaises de plus de 25 salariés, qu'elles soient publiques ou privées, doivent prouver, qu’à travail égal, hommes et femmes perçoivent la même rémunération. Un organisme se charge de leur délivrer un certificat de conformité pour trois ans.

Parfois, il faut une initiative juridique pour vraiment insuffler un élan si vous voulez faire des réformes dans ce domaine

Forsteinn Víglundsson
ancien ministre des Affaires sociales

à franceinfo

Les différences salariales devront toutes être explicitement justifiées par des critères objectifs comme le niveau de stress du poste, la valeur-ajoutée de l'employé, son ancienneté ou encore son niveau de formation. L’ancien ministre des Affaires sociales, Forsteinn Víglundsson, est à l’origine de la proposition fin mars dernier : "L'idée de la nouvelle législation est d’inverser la charge de la preuve. Bien sûr, cela peut être critiqué de renverser la justice comme cela, mais c'est une question de droits humains. À travail égal, salaire égal."

Les plus petites entreprises ont jusqu’au 31 décembre 2021 pour se conformer à cette nouvelle législation, mais les entreprises de plus de 250 salariés, comme les administrations publiques et les ministères, doivent l’avoir fait dès la fin de l’année. Dans le cas contraire, une amende, pouvant aller jusqu’à l’équivalent de 400 euros par jour, sera appliquée.

Une loi nécessaire pour réduit les écarts salariales

L’Islande fait figure de référence en matière de parité hommes-femmes. En 2017, elle était, pour la neuvième année consécutive, en tête du classement du Forum économique mondial. Pour autant, l'écart de salaire entre hommes et femmes subsiste. D’après l'Institut statistique national, il était de 16,1% en 2016 alors que l'Islande légifère sur le sujet depuis 1961. D’où cette réforme qui a été approuvée par le Parlement islandais à 80%.

Certains s’y sont tout de même opposés. C’est le cas du parti politique des Pirates qui jugent le système trop contraignant, trop coûteux et qui, paradoxalement, permet désormais aux entreprises islandaises de disposer de critères objectifs pour justifier les écarts de salaire. "Tous les facteurs responsables des écarts de salaires, seront désormais expliqués. Mais, pour moi, cela ne va pas régler le problème. Cela va juste donner des éléments pour comprendre, mais ça ne va pas supprimer les différences de salaire", explique Björn Gunnarsson, un député du parti Pirates. L’expérience islandaise aura au moins un mérite : la transparence des salaires.

Une femme islandaise lors de l\'Euro 2016 en France, le 18 juin 2016.
Une femme islandaise lors de l'Euro 2016 en France, le 18 juin 2016. (BORIS HORVAT / AFP)