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En Finlande, de la nourriture bientôt fabriquée à partir de rien ou presque, juste des bactéries

À Helsinki, le monde fabuleux des bactéries est à l'étude dans un laboratoire qui compte bien les transformer, de façon simple et peu onéreuses. 

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En Finlande, à Helsinki, ici en mai 2015, la nourriture pourrait changer de couleur et d\'aspect d\'ici quelques années (illustration). 
En Finlande, à Helsinki, ici en mai 2015, la nourriture pourrait changer de couleur et d'aspect d'ici quelques années (illustration).  (JULIA W?SCHEBACH / DPA)

En Finlande, une entreprise d'Helsinki, Solar Foods, veut remplir nos assiettes avec des protéines issues de bactéries. Les essais se font en laboratoire, avec l'objectif de créer une usine dans deux ans. 

L’élément de base, ce sont des bactéries, des micro-organismes que vous mettez dans de l’eau où circule un courant électrique, ce qui va produire de l’hydrogène et de l’oxygène. Ces gaz vont servir de sources d’énergie et permettre aux bactéries d’utiliser le CO2, dioxyde carbone, et surtout le carbone, pour le transformer en protéines. Le produit fini se présente sous la forme d’une poudre grisâtre.    

La poudre obtenue est transformée

La poudre de protéines n'est pas directement consommée. Le PDG de Solar Foods, Pasi Vainikka, donne la recette. "Vous pouvez la mélanger avec une farine de blé pour faire un pain qui a les mêmes quantités de protéines qu’un sandwich avec une tranche de viande, mais sans avoir besoin de mettre de la viande. On peut faire la même chose avec des pâtes, du porridge, du muesli, des glaces", précise-t-il.

Selon ce chef d'entreprise, il existe des millions de bactéries différentes. "Cette énorme diversité dans ce qu’on appelle la vie microscopique n’a pas encore été utilisée, assure Pasi Vainikka. Beaucoup de chercheurs s’intéressent à ce sujet. Il se passe beaucoup de choses, mais je pense que nous allons être les premiers sur ce marché."   

La source d’énergie, l’électricité, peut être solaire. Pas besoin de terre cultivable, ou d’engrais, on consomme du CO2. C’est donc une technique très prometteuse.  

Une technique déjà éprouvée, mais de loin... 

L’industrie spatiale l’a utilisée dès les années 1960. Mais les énormes besoins en nourriture sur la planète ont ouvert un nouveau marché. Et ce n’est pas étonnant que la Finlande soit en pointe. Les bactéries jouent un grand rôle dans la transformation du bois, et l’industrie du bois, de la cellulose, est très importante en Finlande. C’est un domaine que connaît bien Michael Lieneman, biologiste au plus grand institut de recherche finlandais. "Les bactéries sont des usines vivantes. Elles contiennent des enzymes qui peuvent transformer un composé organique en un autre. Le gaz carbonique présent dans l’air peut ainsi être transformé en produits cosmétiques, en graisses, en carburant biologique, ou en nourriture, détaille ce spécialiste. La consommation de produits contenant des bactéries n’est pas un problème : les yaourts, par exemple, sont aussi le résultat d’une activité bactérienne." 

Il reste maintenant à évaluer la qualité nutritionnelle de ces protéines, ainsi qu'à convaincre les consommateurs. Solar Foods a en tout cas déjà prévu de construire une vraie usine qui pourra produire plusieurs tonnes de protéines par jour, dès 2021.

En Finlande, à Helsinki, ici en mai 2015, la nourriture pourrait changer de couleur et d\'aspect d\'ici quelques années (illustration). 
En Finlande, à Helsinki, ici en mai 2015, la nourriture pourrait changer de couleur et d'aspect d'ici quelques années (illustration).  (JULIA W?SCHEBACH / DPA)