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En direct du monde. En Suisse, le vélo pourrait rentrer dans la constitution

Les Suisses sont consultés dimanche sur l'arrêté fédéral sur les voies cyclables et les sentiers pédestres. Si le oui l'emporte, le vélo fera son entrée dans la constitution suisse.

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Un groupe de touristes à Lausanne, en Suisse.
Un groupe de touristes à Lausanne, en Suisse. (LAURENT GILLIERON / MAXPPP)

Voilà qui va peut-être faire passer le plan vélo du gouvernement pour une vulgaire rustine. Vendredi 21 septembre, les Suisses se prononcent sur l'arrêté fédéral sur les voies cyclables et les sentiers pédestres. L’affaire a l'air technique, mais c'est en fait très simple : si le oui l'emporte, le vélo fera son entrée dans la constitution suisse. On sait que les Suisses votent très souvent, sur un tas de sujets, mais pourquoi donc faire rentrer le vélo dans le marbre constitutionnel ?

Chaque jour, quinze personnes supplémentaires se rendent en ville pour travailler

D’abord pour désengorger les villes. Il suffit de circuler sur l'autoroute qui longe le lac Léman entre Genève et Lausanne aux heures de pointe pour s'en rendre compte. A Genève, on estime que chaque jour, ce sont quinze personnes supplémentaires qui se rendent en ville pour travailler. Quasiment tous en voiture. Et quasiment tous, seuls au volant. Si le oui l'emporte, la Confédération pourra aider les communes et les cantons à développer le réseau de pistes cyclables. Plus de pistes cyclables, c'est également moins de morts sur les routes. Le vélo est le seul mode de transport qui a vu le nombre de tués augmenter depuis les années 2000 en Suisse. Et puis il y a le climat, bien sûr. La Suisse a signé l'accord de Paris. Et si elle réduit ses émissions de gaz à effet de serre, elle est à la traîne dans le secteur des transports.

Le sujet est a priori consensuel, si on regarde tous ceux qui ont pris fait et cause pour le vélo. Le gouvernement en premier lieu, où tous les principaux partis sont représentés. Toute la gauche est pour, la droite libérale aussi, les syndicats de travailleurs, la ligue contre le cancer... Même les associations d'automobilistes et de motards disent leur amour pour les cyclistes. Seuls les populistes de droite de l'UDC refusent la révision constitutionnelle. Pas tant parce qu'ils n'aiment pas le vélo, mais plutôt pour s'opposer à ce qu'ils considèrent comme une intrusion de l’État fédéral dans les affaires locales.

Une moitié des sympathisants UDC soutient l'inscription du vélo dans la constitution

L’UDC pourrait-elle barrer la route à "la petite reine" ? Ne nous mouillons pas : oui et non. Oui parce que l'UDC reste le plus grand parti de Suisse. Un tiers des sièges à la chambre basse du parlement et une assise solide dans la Suisse alémanique. L'UDC peut et sait faire basculer un vote serré. Sauf que là, il n'a quasiment pas injecté un centime dans la campagne. Sans doute par peur de livrer un combat considéré comme d'arrière-garde. Les sondages indiquent d'ailleurs qu'une moitié des sympathisants UDC soutient l'inscription du vélo dans la constitution. En fait, l'UDC fait l'impasse sur le vote pour se concentrer sur les prochaines votations de novembre. Le parti proposera aux Suisses de placer le droit national au-dessus des traités internationaux. Et tant pis si pour cela les responsables du parti doivent se mettre aux pinces à vélo.  

Un groupe de touristes à Lausanne, en Suisse.
Un groupe de touristes à Lausanne, en Suisse. (LAURENT GILLIERON / MAXPPP)