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En direct du monde. En Espagne, le Parti populaire se cherche un président après la démission de Mariano Rajoy

Le premier tour des primaires pour choisir le successeur de Mariano Rajoy à la tête du Parti populaire en Espagne a lieu jeudi 5 juillet. Le processus électoral s'annonce complexe puisqu'aucun grand favori ne se dégage parmi les candidats. 

Article rédigé par Mathieu de Taillac, franceinfo
Radio France
Publié
Temps de lecture : 2 min
L'ancien leader du Parti populaire espagnol entouré de l'ex-vice présidente du gouvernement Soraya Sáenz de Santamaría (la plus à gauche) et de son ex-numéro deux au parti María Dolores de Cospedal (la deuxième à sa droite) en juin 2016. (JOSE JORDAN / AFP)

Le Parti populaire espagnol fait face à une crise de leadership depuis le départ précipité de Mariano Rajoy du gouvernement. C'était il y a un mois, le 1er juin dernier, après avoir perdu une motion de censure défendue par le socialiste Pedro Sanchez. Ce dernier s'est ensuite emparé du pouvoir. Mariano Rajoy, lui, a rapidement abandonné le gouvernement, la politique, ainsi que sa formation. Le Parti populaire (PP) lui cherche donc un remplaçant. Pour la première fois de son histoire, le parti conservateur ouvre un processus de primaires pour désigner le président du parti. Les militants doivent voter jeudi 5 juillet. Mais seuls 66 000 se sont inscrits alors que le PP revendique 800 000 adhérents, soit 7,7% du total. Cela porte un sacré coup à la crédibilité du nombre de limitants.

Un système de primaires complexe et verrouillé

Il faut dire également que le système de ces primaires est un peu compliqué. D’abord, c’est un scrutin à deux tours. Comme en France en soit, mais cela n'existe habituellement pas en Espagne, où toutes les élections sont à un tour et à la proportionnelle. Et puis, il ne s'agit pas d'un suffrage universel direct pur, avec un militant pour une voix. Au premier tour, ce sont bien les militants qui votent. Mais pour qu’un candidat soit élu au premier tour, il doit d’abord récolter 50% des suffrages. Ainsi que 50% des suffrages dans la moitié des circonscriptions. Et ce n'est pas fini, il lui faut encore 15 points d’avance sur le second candidat.

Sinon, place à un deuxième tour les 20 et 21 juillet avec les deux candidats arrivés premiers.Mais ce second tour diffère encore de celui de la France. A ce stade, ce ne sont plus les militants qui votent, mais quelques 3 000 délégués du parti. Une bonne part de ces derniers, mais pas tous, auront été désignés par les militants lors du premier tour. 

Aucun grand favori déterminé

Pour rajouter de la confusion, il n'y a pour le moment aucun grand favori qui pourrait créer un grand consensus. Ils sont six à se présenter à la tête du parti. Parmi eux, il n'y en a en réalité que trois qui ont de vraies chances de l’emporter. D’abord l’ex-numéro deux de Mariano Rajoy au gouvernement. Soraya Sáenz de Santamaría. Elle est bien vue par les électeurs, un peu moins par les militants. Il y a, ensuite, son ex-numéro deux au parti, María Dolores de Cospedal. Cette dernière connaît parfaitement les rouages de sa formation, mais elle a un peu usé son image à force de défendre ses camarades pris dans des affaires de corruption.

Et pour en ajouter à l'ambiance, il faut préciser que ces deux candidates ne peuvent pas se supporter, ce dont elles ne se cachent pas. Enfin, il y a Pablo Casado, un porte-parole de 37 ans qui porte le discours du renouveau. Mais il trimballe déjà quelques casseroles, notamment une affaire de diplômes obtenus un peu trop facilement... 

Il est donc difficile de deviner qui peut arriver en tête au premier tour. Par ailleurs, lors du second scrutin, rien ne dit que tous les délégués du parti respecteront le choix des militants. Bref, le PP découvre les bonheurs de la démocratie interne, en essayant de ne pas exploser au passage.

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