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En direct du monde. En Allemagne, des rues d'un quartier africain de Berlin vont changer de noms.

L’Allemagne aussi a eu des colonies jusqu’à la fin de la Première Guerre mondiale. Mais ce passé a été longtemps oublié. Aujourd’hui, une grande exposition y est consacrée à Berlin. Et dans la capitale allemande, des rues portant les noms de colonisateurs doivent être débaptisées au profit de résistantes africaines.

Article rédigé par franceinfo, Alexis Morel, Pascal Thibaut
Radio France
Publié
Temps de lecture : 2 min
Une rue de Berlin, le 20 mars 2009. (JOHN MACDOUGALL / AFP)

A l’origine de ce projet, on trouve des groupes qui s’intéressent aux traces de ce passé colonial peu connu, qui cherchent à informer l’opinion publique et donc aussi à aboutir à débaptiser des rues portant les noms de colonisateurs. Et dans ce quartier africain de Berlin portant des noms d’anciennes colonies allemandes ou non, comme le Cameroun ou le Sénégal. On y trouve la rue Lüderitz par exemple  un négociant en tabac qui par des pratiques douteuses a contribué à établir la domination allemande en Namibie. Ou encore Carl Peters qui a fait éxécuter  des milliers de personnes en Afrique de l’Est.

Le conseil d’arrondissement a décidé au printemps que trois rues seraient débaptisées. Un jury composé d’afro-allemands et de migrants doit faire des propositions dans les mois qui viennent. Des femmes doivent être choisies pour ces trois rues, soit des résistantes africaines opposées au colonialisme, soit des personnalités de la communauté afro-allemande.

L’Allemagne redécouvre son passé colonial

Une grande exposition vient de s’ouvrir au musée de l’histoire allemande à Berlin. C’est la première du genre retraçant un chapitre longtemps passé à l’arrière-plan. D’abord, cette colonisation a pris fin tôt après la défaite allemande de 1918 et le traité de Versailles. Elle est passée à l’arrière-plan dans un pays où le Troisième Reich dominait le travail de mémoire.

Des initiatives comme celles que nous avons évoquées bénéficient d’une plus grande attention. L’Afrique d’aujourd’hui intéresse plus l’Allemagne comme l’ont montré les récentes activités diplomatiques d’Angela Merkel. Berlin a reconnu l’an dernier, en marge des débats sur la reconnaissance du génocide arménien, sa responsabilité dans le massacre des Herreros en Namibie au début du siècle dernier, le premier génocide du XXe siècle. Des négociations sont en cours actuellement entre les deux pays pour arriver à un accord historique sur ce chapitre longtemps oublié.

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